Notre avis sur Les enquêtes de l'inspecteur Higgins - Tome 26 Brexit oblige en livre audio
Un haut fonctionnaire britannique farouchement hostile au Brexit, assassiné, et une présumée coupable qui attend son sort dans une prison de Bruxelles: dès cette première image, j'ai compris que Christian Jacq allait s'amuser avec l'actualité, et moi avec lui. Higgins rend visite à cette femme accusée, la croit aussitôt innocente, et voilà l'ex-inspecteur-chef qui reprend toute l'enquête de zéro, convaincu que le vrai assassin se dissimule au cœur même des institutions européennes.
Ce vingt-sixième tome affiche 4,3/5 sur 257 avis, et je trouve cette confiance méritée. Un lecteur savoure une intrigue « copie collée de la réalité » de l'Europe, richement documentée; un autre rappelle avec tendresse que l'auteur signait autrefois ses polars sous le nom de J.B. Livingstone et n'a rien perdu de sa main. Ce qui m'a conquise, c'est le sourire en coin permanent: derrière l'enquête se joue une petite comédie diplomatique où chaque nationalité en prend gentiment pour son grade.
Pourquoi écouter Les enquêtes de l'inspecteur Higgins - Tome 26 Brexit oblige en livre audio ?
L'écoute donne un relief délicieux à la galerie de suspects que Jacq a réunie: un colosse grec jovial, une Allemande autoritaire, une Kényane ouvertement anglophobe. Ce petit théâtre de caractères européens, entendu à voix haute, prend des allures de comédie de mœurs, et l'on guette les fausses notes de chacun comme autant d'aveux déguisés. La voix qui porte le récit installe ce climat feutré, très british, dont la série a le secret.
Avec ses 8 h 51, ce tome fait partie des plus ramassés que je vous présente, et cela lui réussit: l'intrigue file sans temps mort et se glisse sur deux ou trois soirées. Le format audio laisse toute sa place à la mécanique du raisonnement de Higgins, ce plaisir très particulier d'entendre un vieux limier recoller patiemment les morceaux pendant que Scotland Yard patauge. On raisonne avec lui, une tasse de thé imaginaire à la main.
Ce que vous allez découvrir
Walt Selfridge, l'homme abattu, incarnait une certaine idée de l'Angleterre restée arrimée au continent. La version officielle parle de drame passionnel, mais Higgins pressent un complot mûri dans les couloirs feutrés de Bruxelles. Sa conviction que la femme emprisonnée n'est qu'un pion manipulé le pousse à tirer chaque fil, au péril de sa tranquillité de retraité et, bientôt, de sa propre sécurité.
Au-delà du whodunit, le livre s'amuse des tensions du continent, des rivalités nationales et des petites lâchetés de pouvoir. Jacq glisse sa documentation habituelle sans jamais alourdir le récit, et transforme un sujet brûlant en divertissement malicieux. Je vous laisse le soin de deviner qui, dans ce petit monde d'apparences, avait vraiment intérêt à faire taire Selfridge pour de bon.
À qui s'adresse ce livre audio ?
Si vous aimez les enquêtes à l'ancienne, celles où l'on soupçonne tout le monde autour d'une même table, et que l'actualité européenne vous amuse plus qu'elle ne vous agace, ce tome est taillé pour vous. C'est un cosy crime qui réfléchit, parfait pour une écoute du soir, une longue séance de repassage ou une balade où l'on a envie de sourire en enquêtant.
Ce tome 26 se savoure très bien seul, chaque affaire de Higgins formant un tout cohérent, mais les nouveaux venus qui aiment l'ordre gagneront à commencer par le tout premier volume pour prendre goût aux manies de l'ex-inspecteur. Pour les fidèles, c'est une escale bruxelloise réjouissante, à glisser entre deux affaires plus classiquement londoniennes.