Notre avis sur Crime à quatre mains en livre audio
Une clocharde postée devant un club londonien très fermé, qui n'aime rien tant que chanter du Bach et devient malgré elle le témoin clé d'un meurtre à la lance: voilà le détail qui a emporté mon adhésion dès l'ouverture de Crime à quatre mains. Christian Jacq a l'art de ces figures inattendues, et celle-ci illumine une enquête au cœur de la haute société britannique.
Avec une note de 4,6/5 sur 212 avis, ce tome 52 se classe parmi les préférés des auditeurs, et je comprends pourquoi. Une lectrice savoure ce meurtre commis dans un salon feutré peuplé de gens se croyant au-dessus de tout, face à un Higgins toujours aussi stoïque; une autre salue une belle suite portée par un bon fil rouge. J'ai retrouvé, moi, tout le charme du whodunit à l'anglaise.
Pourquoi écouter Crime à quatre mains en livre audio ?
Sur cinq heures et demie, Renaud Bertin Cordoliani installe un climat de club anglais que l'on croirait tapissé de cuir et de secrets. Sa lecture élégante convient à merveille à ce milieu de politiciens et de décideurs réunis sous l'égide de sir Francis Branir, ancien as de l'aviation. En audio, la retenue feutrée du décor n'en rend le crime que plus scandaleux, presque incongru.
Le narrateur excelle à faire vivre la liste des suspects: le secrétaire particulier du club et quatre couples parmi les meilleurs amis de la victime. Ces jalousies affleurantes, ces façades qui se lézardent gagnent en netteté à l'oreille, et l'on suit avec délice le patient travail de Higgins. La durée, ni trop courte ni trop longue, laisse le temps d'apprécier chaque interrogatoire mené avec courtoisie.
Ce que vous allez découvrir
Tout commence par l'assassinat de sir Francis Branir, incorruptible pilier du club Tradition, une lance plantée dans le dos. La Couronne exige une enquête ultrarapide, et Higgins dispose d'un point de départ inattendu grâce à la mélomane des trottoirs. Autour de la victime gravitent des couples respectables dont les façades lisses ne demandent qu'à se fissurer sous les questions du vieil inspecteur.
Le roman ausculte avec malice les faux-semblants de l'élite britannique, ces cercles où l'on se croit intouchable et où le vernis craque au premier secret révélé. Christian Jacq y déploie un classicisme assumé, celui des énigmes en huis clos où chacun ment un peu. Le plaisir vient du dévoilement progressif des masques. Quant au coupable, il attend patiemment que vous le débusquiez.
À qui s'adresse ce livre audio ?
Ce titre est un régal pour les nostalgiques du roman policier à l'ancienne, façon manoir et salon feutré, où la déduction prime sur l'action. Sa durée en fait un compagnon parfait pour un week-end pluvieux ou quelques trajets, à savourer comme un thé bien infusé. Les amateurs de whodunit courtois y trouveront exactement le confort qu'ils recherchent.
Cinquante-deuxième enquête de la série, Crime à quatre mains s'écoute sans connaître les tomes précédents, chaque affaire étant close en elle-même. Un nouvel auditeur peut commencer par ce salon londonien avant de remonter, s'il le souhaite, au tout premier volume. Les fidèles, eux, prolongeront avec bonheur un fil rouge qu'ils suivent d'enquête en enquête, toujours aussi bien tenu.