Notre avis sur Crime connecté en livre audio
Un robot chirurgien révolutionnaire baptisé Curator, dont les bras censés sauver des vies se saisissent soudain de leurs scalpels pour massacrer son propre concepteur: cette scène d'ouverture m'a glacée, et c'est bien la première fois que je vois Christian Jacq imaginer un meurtre commandé à distance par une machine. Crime connecté ose un scénario de science-fiction inquiétant, et j'ai marché sans réserve.
Crédité de 4,4/5 sur 187 avis, ce tome 51 divise un peu les fidèles, ce qui le rend d'autant plus intéressant. Un lecteur trouve le meurtre plus tordu que dans les autres volumes et souligne la triste réalité d'une robotique où les nations se livrent une concurrence féroce; un autre, plus nostalgique, regrette une époque antérieure de la série. Moi, ce crime programmé m'a captivée de bout en bout.
Pourquoi écouter Crime connecté en livre audio ?
Renaud Bertin Cordoliani prête sa voix à cette enquête d'un peu plus de quatre heures, un format intermédiaire qui tombe à pic pour un thriller aussi cérébral. Sa diction posée épouse à merveille l'ambiance high-tech de la villa au bord de la Tamise, et rend limpide la ronde des experts internationaux réunis autour de Curator, sans jamais que l'auditeur ne s'égare dans le jargon technologique.
En audio, l'idée d'un crime piloté de l'extérieur prend une dimension presque angoissante: on se surprend à écouter chaque description de la machine comme s'il fallait la surveiller. La narration distingue nettement la spécialiste chinoise de biotechnologie, l'expert japonais en robotique et l'informaticienne anglaise aux allégeances troubles. Cette clarté vocale est précieuse dans une intrigue où chaque membre de l'équipe devient un suspect potentiel.
Ce que vous allez découvrir
L'affaire démarre dans une villa ultrasécurisée où la société WHTF finalise son robot chirurgien. Silwell, le patron américain, touche au but quand son invention se retourne contre lui. Un crime impossible en apparence, puisque personne n'a levé la main sur la victime: tout s'est joué par-delà les pare-feu. Higgins devra remonter jusqu'à la main humaine tapie derrière la programmation meurtrière.
Le roman explore avec justesse nos vertiges contemporains: dépendance aux machines, espionnage industriel, course mondiale à la biotechnologie. Christian Jacq y voit une allégorie de la vie moderne, où notre sort finit par dépendre de quelques lignes de code. Sous le vernis technologique, on retrouve pourtant les mobiles éternels du polar, la cupidité et le pouvoir. Le fin mot, je le laisse à votre écoute.
À qui s'adresse ce livre audio ?
Ce titre séduira les amateurs de thrillers technologiques et les lecteurs intrigués par l'intelligence artificielle, tout en restant accessible à qui n'y connaît rien en robotique. Sa durée mesurée en fait une écoute parfaite pour deux ou trois trajets, ou une journée de télétravail que l'on ponctue de chapitres. On en sort avec un léger malaise devant nos objets connectés, savamment entretenu.
Cinquante et unième enquête de l'inspecteur Higgins, ce roman se déguste indépendamment des autres, l'intrigue étant complète en elle-même. Les nouveaux venus peuvent l'adopter comme porte d'entrée moderne, quitte à revenir ensuite au premier tome pour suivre la série depuis son origine. Les habitués, eux, verront leur détective de toujours affronter un adversaire d'un genre radicalement neuf.