Notre avis sur Schémas artificiels en livre audio
Une unité de sécurité qui a piraté son propre module superviseur pour regarder des séries en boucle et fuir le contact humain autant que possible : franchement, quel héros de science-fiction plus réjouissant que la SecUnit de Martha Wells ? Dans ce deuxième tome du Journal d'un AssaSynth, ce robot cabossé, cynique et secrètement sentimental reprend la route, et j'ai retrouvé sa voix intérieure avec un plaisir immédiat. Le 4,5 sur 568 avis confirme que je ne suis pas la seule accro.
Les auditeurs le résument à merveille : une série excellente, addictive, bourrée d'humour et d'action, portée par un personnage principal robotique aussi improbable qu'attachant. Un lecteur pousse un petit soupir sur le prix rapporté au nombre de pages, car ces tomes sont courts. Je comprends la remarque, mais je préfère voir le verre à moitié plein : chaque épisode est un concentré d'esprit sans une once de gras.
Pourquoi écouter Schémas artificiels en livre audio ?
Confier la voix de cette SecUnit désabusée à Thibaut Delmotte, la voix française de Morty dans Rick et Morty, relève du casting parfait. Ce timbre légèrement traînant, ce mélange d'ironie et de fausse indifférence collent idéalement au monologue intérieur du robot, qui commente les humains comme on regarde une série d'un oeil distrait. En audio, ce narrateur à la première personne prend une saveur comique que le texte imprimé ne rend qu'à moitié.
Avec 3 heures et 48 minutes, Schémas artificiels s'écoute presque d'une traite, le temps d'un après-midi ou d'un long aller-retour. Loin d'être un défaut, cette brièveté fait mouche : l'histoire va à l'essentiel, sans jamais diluer son humour ni son action. J'aime ces formats courts qu'on savoure comme un épisode particulièrement réussi, en se disant à la fin qu'on en aurait bien repris une louche.
Ce que vous allez découvrir
Maintenant que la SecUnit a débloqué ses accès et goûté à une forme de libre arbitre, elle cherche à comprendre son passé tout en évitant soigneusement de se faire repérer. Fidèle à elle-même, elle continue de se gaver de contenus multimédias pour supporter le monde, car les querelles humaines l'ennuient profondément tant qu'elle n'a ni à les régler ni à nettoyer derrière. Ce mélange de sarcasme et de vulnérabilité irrigue tout le récit.
Sous ses dehors blasés, ce journal parle d'autonomie, d'identité et de la difficulté d'exister quand on a été conçu pour obéir. C'est le deuxième tome de la série : rien ne vous empêche de tenter votre chance ici, mais je vous recommande vivement de commencer par le premier volet, où l'on rencontre notre SecUnit préférée et où se noue son émancipation. La saveur de ses piques n'en sera que plus grande.
À qui s'adresse ce livre audio ?
Ce livre audio est un régal pour les amateurs de science-fiction qui carburent aux narrateurs à forte personnalité et à l'humour pince-sans-rire. Pas besoin d'être un féru de hard SF : l'univers reste accessible, et c'est la voix du robot, bien plus que la technologie, qui tient la barre. Si les héros grognons au grand coeur vous font craquer, la SecUnit va vous adopter.
Sa courte durée en fait le compagnon idéal des trajets, des tâches ménagères ou d'une soirée où l'on n'a pas le courage d'un pavé. Je le glisserais volontiers entre deux gros romans, comme une respiration mordante et drôle. Et méfiez-vous : difficile de s'arrêter à un seul tome quand on a attrapé le virus de cette antihéroïne de métal accro aux feuilletons.