Notre avis sur Défaillances systèmes en livre audio
Une unité de sécurité androïde pirate le module censé la contrôler, et que fait-elle de sa liberté toute neuve ? Elle enchaîne 35 000 heures de séries au lieu de massacrer qui que ce soit. Ce pitch m'a fait éclater de rire dès la première scène, et derrière l'ironie se cache l'un des narrateurs les plus attachants que la SF récente m'ait offerts. Je l'ai adopté immédiatement, ce robot tueur qui préférerait qu'on lui fiche la paix.
Noté 4,3/5 sur 794 avis, ce premier volume du Journal d'un AssaSynth déclenche des coups de cœur en série, et je rejoins la foule. Les auditeurs parlent d'un récit vif, drôle, jamais ennuyeux malgré son format ramassé. Un seul bémol revient dans les avis: on aimerait que ce soit plus long, tant on quitte l'androïde à regret. C'est le meilleur des reproches qu'on puisse faire à un livre.
Pourquoi écouter Défaillances systèmes en livre audio ?
Tout repose ici sur une voix intérieure, celle d'une machine qui commente le monde humain avec un flegme désabusé et une tendresse qu'elle refuse d'admettre. Autant dire que le format audio est un cadeau: Thibaut Delmotte donne à l'AssaSynth ce ton pince-sans-rire parfait, cette ironie fatiguée qui fait mouche à chaque réplique. Les auditeurs le disent tous, sa voix rend l'androïde profondément humain.
Avec 3 heures et 35 minutes, c'est une novella qu'on avale d'une traite, le temps d'un long trajet ou d'un après-midi pluvieux. Cette brièveté est un atout en audio: pas de temps mort, l'intrigue file, l'humour claque, et Delmotte maintient une énergie constante. C'est la porte d'entrée idéale vers une saga déjà culte, et je parie que vous ressortirez de ces trois heures avec l'envie furieuse d'enchaîner.
Ce que vous allez découvrir
Notre héros n'est pas un héros, c'est une unité de sécurité qui a saboté son propre bridage et rêve surtout de regarder ses feuilletons en paix. Sauf que la mission de routine qu'elle supervise, protéger une équipe de scientifiques sur une planète lointaine, tourne au vinaigre. Un complot affleure, du matériel truqué, des données effacées, et l'androïde va devoir faire ce pour quoi il est conçu tout en cachant son petit secret.
Martha Wells signe un condensé d'action, d'humour et de réflexion sur l'autonomie et l'identité: qu'est-ce qu'être libre quand on a été fabriqué pour obéir ? Sans rien gâcher de l'intrigue, sachez que la tension monte crescendo et que le sarcasme de l'AssaSynth cache des fêlures qu'on découvre par petites touches. C'est bien plus riche que ce que sa centaine de pages laisse deviner.
À qui s'adresse ce livre audio ?
Ce titre est parfait pour qui veut goûter à la SF sans s'engager dans un pavé, pour les amateurs d'anti-héros caustiques et d'intelligences artificielles bien plus humaines que leurs créateurs. Si vous aimez l'humour à froid et les narrateurs qui commentent tout en aparté, vous allez vous régaler. C'est aussi une écoute idéale pour renouer avec la lecture quand on manque de temps.
Puisqu'il s'agit du premier tome de la série, c'est évidemment ici qu'il faut commencer: aucune excuse, le voyage démarre à cette porte. Glissez-le dans vos oreilles un soir de fatigue, quand vous n'avez ni l'énergie d'un film ni celle d'un gros roman, et laissez l'AssaSynth vous rappeler que même une machine à tuer a le droit d'être de mauvaise humeur.