Notre avis sur Le puits d'argent en livre audio
Retrouver Robin Hobb pour le huitième et dernier tome des Cités des Anciens, c'est accepter un sentiment doux-amer: celui de dire au revoir à Kelsingra, aux dragons et aux Anciens qu'on a suivis si longtemps. Le puits d'argent referme la boucle autour de cette source de magie enfin accessible, et de ce petit Phron qu'il faut sauver avant que l'héritage de ses parents ne l'emporte. Avec 4,7/5 sur 666 avis, les fidèles saluent une conclusion à la hauteur de la saga.
Les avis traduisent bien l'affection teintée de lucidité des lecteurs: on célèbre l'immense talent de conteuse de Hobb, sa capacité à bâtir des mondes où l'on voudrait vivre, tout en reconnaissant que ce cycle final compte quelques longueurs. Une auditrice trouve ce dernier tome un brin terne, un peu trop occupé à montrer que la boucle se boucle. Mon avis rejoint le leur: ce n'est pas le plus trépidant des Hobb, mais quelle tendresse dans l'adieu.
Pourquoi écouter Le puits d'argent en livre audio ?
La prose de Robin Hobb vit de ses silences et de ses paysages, et Raphaël Mathon en restitue la lenteur habitée sans jamais l'alourdir. Sa lecture épouse le cours du fleuve, la fatigue des personnages, la magie ténue du puits, et donne aux échanges entre Leftrin et ses compagnons une chaleur presque familière. En audio, les longueurs que certains reprochent au texte deviennent une forme de contemplation qui berce.
10 heures et 10 minutes, c'est la durée idéale pour boucler un cycle: assez pour retrouver ses marques à Kelsingra et accompagner chacun vers son épilogue, sans que la conclusion ne s'éternise. On savoure ce dernier voyage sur le fleuve à petites gorgées, une escale par soir, en laissant la voix nous ramener une ultime fois auprès des dragons. C'est un point final qu'on écoute plus qu'on ne le lit, pour prolonger l'au revoir.
Ce que vous allez découvrir
À Kelsingra, la découverte du puits d'argent, source de la magie des Anciens, ouvre un immense espoir: Leftrin et les siens s'échinent à dégager le conduit pour rendre aux dragons et aux Anciens leur pouvoir, et surtout pour sauver le petit Phron, l'enfant de Malta et Reyn, que les transformations héritées de Tintaglia consument peu à peu.
En aval, sur le fleuve, un mercenaire aux ordres du duc de Chalcède traque Tintaglia grièvement blessée, et cette menace donne au récit sa tension. Comme il s'agit du tome 8, je vous encourage vivement à commencer par le premier volume: on ne mesure la beauté de cette conclusion qu'après avoir parcouru tout le chemin. Je garde le secret sur le sort réservé à Phron et aux dragons, car c'est là que se noue toute l'émotion de l'adieu.
À qui s'adresse ce livre audio ?
Ce huitième tome s'adresse d'abord aux lecteurs qui ont déjà navigué sur ce fleuve, aux inconditionnels de Robin Hobb et de sa fantasy patiente, tissée de liens humains autant que de dragons. Si vous aimez qu'un monde prenne le temps d'exister, vous serez comblé par cet épilogue.
À ceux qui découvriraient l'autrice, mon conseil d'amie est limpide: ne débutez surtout pas ici, remontez aux premiers tomes des Cités des Anciens. Côté écoute, réservez ces heures aux soirées calmes, aux longs trajets d'hiver, aux moments où l'on accepte la lenteur comme une caresse. C'est une conclusion à écouter le coeur ouvert, pour saluer dignement une saga qu'on a aimée.