Notre avis sur Le ballon, et autres histoires du Petit Nicolas en livre audio
Confier le petit Nicolas à Benoît Poelvoorde, cet acteur belge à la gouaille reconnaissable entre mille, il fallait oser, et j'avoue avoir souri d'avance rien qu'en découvrant le nom au générique. Sur ces sept histoires signées Goscinny et Sempé, sa lecture donne un relief inattendu aux bêtises de la cour de récré et aux drames minuscules du quotidien. Le public lui accorde 4,4/5 sur 20 avis, une jolie note pour un exercice aussi casse-gueule.
Plusieurs auditeurs saluent des histoires vraiment drôles et joliment servies par sa voix. Un retour plus réservé regrette pourtant qu'un timbre plus enfantin n'ait pas été retenu, jugeant ce volume un cran en dessous du premier, celui que sa fille réécoute en boucle. Mon sentiment penche du côté des enthousiastes: Poelvoorde ne singe jamais l'enfant, il raconte en adulte complice, et c'est cette distance amusée qui fait tout le sel.
Pourquoi écouter Le ballon, et autres histoires du Petit Nicolas en livre audio ?
Le texte de Goscinny est pensé pour la voix haute: ces phrases qui déboulent en cascade, ces « et il est chouette », ces énumérations où le petit Nicolas s'emballe sans jamais poser un point. À l'oral, la mécanique comique tombe pile, et Poelvoorde épouse ce débit d'enfant qui raconte sa journée d'une traite, en oubliant la moitié des règles de grammaire, exactement comme il faut.
Avec 53 minutes au compteur, on tient un format aussi léger qu'un goûter. C'est parfait pour un trajet vers l'école, une salle d'attente ou un moment calme avant le coucher: on écoute une ou deux histoires, on rit, on referme sans frustration. Aucune obligation d'enchaîner, aucune lourdeur, la durée épouse à merveille le rythme d'une petite oreille qui fatigue vite.
Ce que vous allez découvrir
On retrouve toute la bande de la classe: Alceste qui mâchonne en permanence, Clotaire l'éternel dernier, Agnan le chouchou de la maîtresse qui pleure dès qu'on le regarde de travers, Eudes toujours prêt à donner un coup de poing sur le nez, et Rufus dont le papa est agent de police. Chacun débarque avec son petit caractère, et il suffit d'un ballon ou d'une punition pour que tout parte de travers.
Autour d'eux gravitent le Bouillon et ses gros yeux, Tonton Eugène le rigolo et Monsieur Blédurt, le voisin qu'on adore asticoter par-dessus la haie. Sept histoires inédites qui parlent de disputes aussitôt oubliées, de jeux qui tournent au chaos joyeux et de cette tendresse d'enfance qui, comme le dit joliment le livre, ne nous quitte jamais tout à fait.
À qui s'adresse ce livre audio ?
Je le conseille aux enfants dès six ou sept ans, mais aussi, très sincèrement, aux parents qui ont grandi avec ces personnages. Il y a un vrai bonheur à partager cette écoute entre deux générations, chacun riant pour ses propres raisons: les petits pour les bêtises, les grands pour la nostalgie qui remonte à chaque réplique du Bouillon.
C'est le compagnon rêvé des trajets courts, des fins d'après-midi pluvieuses et du rituel du soir. Et si votre enfant a dévoré le premier volume, prévenez-le simplement que la voix change de couleur ici: à lui de décider s'il adopte ce Nicolas raconté par un grand gamin espiègle plutôt que par une voix de son âge.