Notre avis sur À qui la chance ? en livre audio
Il faut que je vous confie un truc : je pensais lancer une gentille tranche de vie d'ados et je me suis surprise à guetter chaque tuile qui tombe sur Émy-Lee à cause de ce fameux bibelot. Talbot le lui offre comme un symbole de chance et de prospérité, sauf qu'Émy-Lee finit convaincue que l'objet lui pourrit l'existence. Ce basculement entre superstition et petite parano adolescente, voilà ce qui donne du sel à ce onzième tome de la série BFF, noté 4,4/5 sur 47 avis.
Un avis m'a semblé particulièrement juste : la série reste aussi savoureuse que d'habitude, mais le français québécois peut faire trébucher une jeune oreille de France sur quelques mots. Mon parti pris, c'est qu'en audio ce petit obstacle devient un charme. La voix porte la musique de l'expression, le sens passe même quand le mot exact échappe, et on attrape au passage tout le sel de ce parler qui sent bon la cour d'école québécoise.
Pourquoi écouter À qui la chance ? en livre audio ?
Ce genre d'histoire vit dans la tête de son héroïne, dans ce flot de pensées qui transforme un porte-bonheur en malédiction, et c'est exactement là que le format audio marque des points. Alexandra Sicard épouse le débit d'Émy-Lee, ses emballements, ses doutes, ce ton de confidence entre copines qui fait tout le charme des BFF. On n'écoute pas un récit, on a l'impression qu'une amie nous raconte au téléphone sa semaine catastrophique.
Avec ses 5 heures et 6 minutes, le tome se glisse dans une soirée ou deux trajets, un format taillé pour de jeunes auditrices qui n'ont pas envie de s'engager sur des mois. C'est assez court pour tenir l'attention d'un préado, assez dense pour qu'on s'attache à la petite bande. Idéal à écouter le soir, quand on veut décompresser sans allumer un écran.
Ce que vous allez découvrir
Émy-Lee file le parfait bonheur avec Talbot, un amoureux gentil, drôle et attentionné, jusqu'à ce bibelot qui vient tout dérégler. Persuadée qu'il lui attire la poisse, elle se demande si elle ne devrait pas s'en débarrasser. Et c'est là que l'idée maligne du récit se dessine : et si la malchance passait à quelqu'un d'autre, à Nadeige par exemple, qui se met soudain à collectionner les catastrophes alors que tout roulait pour elle ?
Autour de ce fil rouge superstitieux, on retrouve Sasha et la petite bande, leurs chamailleries, leurs élans de solidarité et cette manière très juste de croquer les amitiés adolescentes. Le livre joue avec nos croyances, la chance, la culpabilité, la tentation de refiler ses ennuis, sans jamais se prendre au sérieux. Je vous laisse découvrir si ce bibelot méritait vraiment tout ce vacarme.
À qui s'adresse ce livre audio ?
Je le glisserais volontiers aux préados et jeunes ados, disons entre dix et quatorze ans, surtout celles et ceux qui aiment les histoires de bande, de premières amours et de petites embrouilles du quotidien. Les fidèles de la série BFF y retrouveront leurs repères, et les curieux découvriront un univers plein d'humour et de bons sentiments jamais mièvres.
Un conseil d'amie : comme il s'agit du onzième tome, mieux vaut commencer par le tout premier pour savourer les liens entre les personnages, sinon on débarque un peu au milieu des potins. Ensuite, gardez-le pour les trajets en voiture, les fins de journée d'école ou ces moments où l'on veut juste rire un peu avant de dormir.