Notre avis sur La fille qui devait mourir en livre audio
Retrouver Lisbeth Salander pour ce qui est annoncé comme le grand finale de David Lagercrantz, c’est un peu dire au revoir à une amie farouche que l’on n’a jamais tout à fait comprise. Et cette fois, elle n’est même pas à Stockholm : elle est à Moscou, décidée à régler ses comptes avec sa sœur Camilla. Autant vous dire que le ton est donné dès les premières pages.
La note de 4,2/5 sur plus de 3100 avis confirme un adieu réussi. Les fidèles y retrouvent la mécanique de rebondissements des tomes précédents et saluent une saga édifiante sur les liens troubles entre politique et médias, toujours d’actualité. Un lecteur arrivé au terme de l’aventure y voit une conclusion à la hauteur. Je partage ce sentiment de boucle qui se referme, non sans un pincement au cœur.
Pourquoi écouter La fille qui devait mourir en livre audio ?
Bernard Gabay possède ce timbre grave et posé qui sied aux thrillers nordiques, et il tient d’une main ferme les deux fronts du récit : l’enquête glaçante de Blomqvist et la vendetta de Lisbeth. Sa diction fait ressortir la froideur clinique des scènes suédoises comme la tension des chapitres moscovites, sans jamais surjouer. On sent l’acteur en pleine maîtrise de son matériau.
Sur 10 heures et 36 minutes, l’audio soulage aussi de la difficulté que pose souvent Millénium : les noms suédois à rallonge, les organigrammes politiques touffus. Entendre Gabay articuler le nom du ministre Forsell ou dérouler les alias de Camilla clarifie une intrigue qui, sur le papier, peut sembler très dense. Le format rend la lecture nettement plus fluide et l’enquête plus limpide.
Ce que vous allez découvrir
Tout commence par un SDF retrouvé mort dans un parc de Stockholm, certains de ses doigts et orteils amputés. Avant de mourir, il divaguait au sujet de Johannes Forsell, le ministre de la Défense suédois. Délire d’un déséquilibré ou piste bien réelle ? Blomqvist flaire le sujet en or, mais il a besoin de Lisbeth, injoignable et occupée à ses propres règlements de comptes.
En toile de fond, Lagercrantz croise géopolitique, secrets d’État et haine familiale, en refermant l’affrontement entre les deux sœurs Salander. Je ne trahirai pas l’issue de ce duel. Sachez seulement qu’il s’agit du sixième tome d’une saga initiée par Stieg Larsson : si vous découvrez Millénium, commencez impérativement par Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes, sous peine de perdre le fil des enjeux.
À qui s’adresse ce livre audio ?
Ce titre s’adresse d’abord aux lecteurs qui ont suivi Lisbeth depuis le début et veulent connaître le point final de son parcours. Les amateurs de polar scandinave, de complots politiques et d’héroïnes cabossées et vengeresses y trouveront leur compte. Pour un néophyte, en revanche, ce serait un contresens de commencer par la toute fin d’une histoire aussi longue.
Je le réserverais aux longues écoutes hivernales, celles où l’on accepte de plonger dans une intrigue exigeante qui demande de la concentration. C’est le compagnon idéal des soirées où l’on veut se sentir happé par une atmosphère glaciale et un suspense de haute tenue. Prévoyez de quoi enchaîner : une fois Lisbeth lancée vers Moscou, on n’a plus très envie de la lâcher.