Notre avis sur Danse de mort: Pendergast 6 en livre audio
« Mon cher Vincent, si vous lisez ces lignes, cela signifie que je n'ai pas survécu. » Difficile de rester de marbre quand un roman s'ouvre sur les adieux posthumes de l'inspecteur Pendergast à son ami D'Agosta. En quelques phrases, Preston et Child renversent la table : leur héros serait mort, et c'est au lieutenant seul, muni d'une lettre et de sept jours, qu'échoit la mission d'empêcher Diogène de signer son chef-d'oeuvre criminel. J'ai trouvé cette idée de départ redoutablement gonflée, et le 4,5 sur 384 avis me conforte.
Les auditeurs ne s'y trompent pas. L'un parle d'un récit plus dense que le précédent, où l'on retrouve avec bonheur les figures familières de la saga autour du fidèle D'Agosta. Un autre avoue simplement que Pendergast le fait rêver, et qu'il lui fallait la suite coûte que coûte. J'ai ressenti la même chose : cette impression de traverser plusieurs états d'âme en une seule enquête, entre effroi, colère et cette tendresse bizarre qu'on finit par éprouver pour un duo aussi cabossé.
Pourquoi écouter Danse de mort: Pendergast 6 en livre audio ?
François Hatt tient ici un rôle délicat, puisqu'une partie de l'intrigue repose sur une voix absente, celle de Pendergast, qui guide D'Agosta par-delà la tombe. Le narrateur installe cette étrangeté avec une sobriété qui donne des frissons, puis fait monter l'urgence à mesure que le compte à rebours de sept jours se resserre. On sent le lieutenant seul face à un adversaire trop intelligent pour lui, et Hatt rend cette solitude presque physique.
Avec 14 heures et 36 minutes, le format audio épouse la densité que soulignent les avis. On a le temps de s'installer dans les salons new-yorkais, de guetter le prochain coup de Diogène, de laisser le malaise s'infiltrer. J'aime que Preston et Child ne se pressent pas : au casque, chaque préparatif du « bal » annoncé prend une couleur menaçante que la lecture silencieuse dilue parfois.
Ce que vous allez découvrir
Danse de mort est le deuxième volet de l'arc consacré à l'affrontement entre Pendergast et son frère Diogène, après Le Violon du diable. Le forfait suprême que prépare ce dernier plane sur tout le récit comme une échéance fatidique, et l'enquête tient autant du duel fraternel que de la traque classique. D'Agosta doit avancer sans savoir où, ni comment, ni contre quoi exactement, et c'est ce brouillard qui rend l'écoute aussi tendue.
Au-delà du suspense affleure la question du sang et de la filiation : jusqu'où va la rivalité entre deux êtres façonnés par la même famille ? Je ne dévoilerai pas qui, du chasseur ou du chassé, quittera le bal en premier. Si vous découvrez la série, commencez par le tome 1 : Pendergast se savoure d'autant mieux qu'on a vu grandir sa légende, et l'arc Diogène gagne à être pris depuis Le Violon du diable.
À qui s'adresse ce livre audio ?
C'est un thriller pour celles et ceux qui aiment quand l'enquêteur devient lui-même l'enjeu, et qui ne détestent pas une pincée de gothique dans leur polar. Si les comptes à rebours, les vengeances mûries de longue date et les frères ennemis vous tiennent en haleine, ce tome coche les cases avec une gourmandise assumée.
Je le réserverais aux longues soirées, quand on peut enchaîner les chapitres sans être dérangé, car couper Diogène en plein élan est une petite frustration. Les habitués de Preston et Child y retrouveront leur univers préféré, et les amateurs de sagas au long cours tiennent là une raison de plus de ne pas lâcher D'Agosta d'une semelle.