Notre avis sur Volte-face en livre audio
Retrouver Mickey Haller de l'autre côté de la barre, ça m'a fait un drôle d'effet. Cet avocat de la défense, roi des acquittements, qu'on connaît pour tirer les crapules d'affaire, voilà que le procureur du comté de Los Angeles lui demande de plaider pour l'accusation. Le culot de Connelly, c'est de prendre son personnage à contre-emploi et d'en faire le moteur de tout le suspense. La fiche affiche 4,4 sur 5 pour 1538 avis, un score qui en dit long sur la fidélité des lecteurs à ce troisième volet de la série Mickey Haller.
Mon parti pris? C'est peut-être le Haller le plus tendu de la série, parce que le doute y est renversé: pour une fois, Mickey est convaincu de la culpabilité de l'homme qu'il traque, un certain Jason Jessup libéré après vingt-quatre ans de prison grâce à un test ADN qui semble l'innocenter. Voir l'avocat basculer dans la peau de l'accusateur, contraint de prouver ce qu'il pressent, offre un vertige moral que peu de thrillers judiciaires atteignent. Si vous découvrez la série, commencez plutôt par le premier tome pour savourer l'évolution du personnage, mais celui-ci se tient très bien seul.
Pourquoi écouter Volte-face en livre audio ?
Le thriller judiciaire est un genre de dialogue, de joutes verbales, de silences pesés au tribunal, et c'est exactement ce que l'audio sublime. Jacques Chaussepied donne à Mickey Haller cette assurance un peu roublarde qui fait tout le sel du personnage, et il sait aussi camper la présence bourrue de Harry Bosch, l'enquêteur que Haller prend à ses côtés. Entendre les passes d'armes avec Clive Royce, l'avocat surnommé l'astucieux, prend une saveur particulière quand une seule voix les fait exister tour à tour.
Douze heures et douze minutes, c'est la durée idéale pour ce genre de mécanique implacable: assez pour installer patiemment chaque pièce du dossier, l'enquête de terrain, les auditions, les manoeuvres médiatiques autour de cette prétendue erreur judiciaire, sans jamais s'essouffler. J'aime que le format audio impose son propre rythme au procès: on ne peut pas sauter des lignes, on subit la montée de la tension comme les jurés, et c'est un plaisir presque physique quand Connelly resserre l'étau.
Ce que vous allez découvrir
L'affaire est de celles qui embrasent une ville: Jason Jessup, incarcéré vingt-quatre ans pour le meurtre d'une fillette, sort de prison après qu'un test ADN a fait vaciller sa condamnation, et le tribunal ordonne la révision de son procès. Sauf que Mickey Haller, appelé à représenter l'accusation, est intimement persuadé que Jessup est coupable. Il s'adjoint Harry Bosch pour reconstituer une vérité vieille de plus de deux décennies, face à un adversaire redoutable et à des médias survoltés par ce parfum de scandale.
Ce qui se joue va bien au-delà du verdict: c'est la question du doute, de la manipulation de l'opinion, du poids d'une erreur judiciaire vraie ou fabriquée. Jessup parade, savoure sa liberté retrouvée, et cette arrogance nourrit un malaise qui ne quitte plus l'auditeur. Connelly tisse enquête de terrain et bataille de prétoire avec sa précision habituelle, et je vous laisse découvrir jusqu'où il pousse ce renversement des rôles, car c'est là que le roman devient franchement retors.
À qui s'adresse ce livre audio ?
Pour les amateurs de thrillers judiciaires à l'américaine, ceux qui aiment sentir la mécanique du procès se mettre en place rouage après rouage, c'est un régal. Les fidèles de Connelly y retrouveront le croisement de ses deux univers, Haller et Bosch réunis, un bonheur pour qui suit ces personnages depuis des années. Et si vous n'avez jamais lu l'auteur, c'est une porte d'entrée solide, à condition d'accepter de remonter ensuite vers les premiers tomes.
C'est le genre d'écoute qui accompagne merveilleusement les longs trajets ou les soirées d'hiver où l'on n'a envie de rien d'autre que de se laisser mener par une intrigue serrée. Réservez-lui des plages assez longues, car une fois la tension enclenchée, vous ne voudrez pas interrompre une audience en plein milieu. Un conseil d'amie: gardez un peu d'énergie pour la dernière ligne droite, Connelly n'est jamais aussi bon que quand tout semble joué.