Notre avis sur Serments et deuils en livre audio
La narcheska Elliania a repris la mer vers ses îles d'outre-mer, et le compte à rebours est lancé : dans quelques mois, le prince Devoir devra l'y rejoindre pour affronter un dragon et tenir sa promesse. Entre-temps, FitzChevalerie doit accomplir l'impossible, réunir autour du jeune prince un clan d'artiseurs capable de le protéger, alors que les candidats se comptent sur les doigts d'une main. C'est ce sablier qui donne à ce volume sa tension sourde, presque étouffante.
Nous sommes ici au dixième tome de l'Assassin Royal, et Robin Hobb récolte 4,7/5 sur 658 avis, une fidélité de lecteurs que peu de sagas de fantasy inspirent. Mon conseil d'amie avant tout : n'attaquez surtout pas par ce volume. Reprenez au premier tome, car toute la charge émotionnelle de ces retrouvailles avec Fitz, ce mélange de lassitude et de loyauté têtue, ne prend sens qu'après le chemin parcouru.
Pourquoi écouter Serments et deuils en livre audio ?
Sylvain Agaësse connaît cet univers et cela s'entend : il donne à Fitz cette voix intérieure fatiguée, un peu bougonne, qui est la marque de fabrique du personnage, et il différencie avec soin la reine Kettricken, le fou et l'entourage de Devoir. Dans une saga aussi dense en manoeuvres politiques et en tourments intimes, cette clarté des voix est un vrai confort d'écoute.
Treize heures et quarante-quatre minutes, c'est un vrai voyage, et c'est précisément ce que réclame Hobb : son écriture prend son temps, s'attarde sur les silences et les non-dits. En audio, cette lenteur assumée devient un atout, on s'immerge dans Castelcerf comme on s'installe pour l'hiver, sans jamais avoir envie de sauter un paragraphe pour aller plus vite.
Ce que vous allez découvrir
Deux fronts occupent ce volet : la préparation du voyage vers les îles d'outre-mer et la formation d'un clan autour de Devoir d'un côté, et de l'autre les tensions qui montent au royaume. Les Pie continuent en effet de saper l'action de la reine Kettricken en faveur des Vifiers, ces détenteurs du Vif que la société rejette, et Fitz se retrouve tiraillé entre ses missions et ses vieilles blessures.
Comme souvent chez Robin Hobb, l'intrigue extérieure n'est que le décor d'un drame plus intime : la loyauté, le renoncement, le prix que l'on paie à servir. Le titre lui-même, serments et deuils, annonce la couleur, et sans rien dévoiler du dénouement, je peux vous dire que ce tome pèse lourd sur le coeur de son héros.
À qui s'adresse ce livre audio ?
Ce volume s'adresse évidemment aux lecteurs déjà engagés dans l'Assassin Royal, qui attendent de savoir ce qu'il advient de Devoir et d'Elliania. Aux amateurs de fantasy qui préfèrent la profondeur psychologique aux grandes batailles, c'est un régal, à condition d'aimer les récits qui avancent au rythme des saisons plutôt que des rebondissements.
Je le garderais pour de longues soirées ou des trajets où l'on peut s'immerger sans être interrompu, car c'est une écoute d'ambiance autant que d'intrigue. Et si vous découvrez tout juste Robin Hobb, faites-vous la promesse de commencer par le début : ce dixième tome n'en aura que plus de saveur.