Notre avis sur La Colline en livre audio
Rarement une ouverture m’a serré la gorge aussi vite. Un nouveau-né vivant au fond d’un container à ordures, dans une cité de Rennes, et quelques étages plus haut une adolescente qui se vide de son sang: en deux images, Mathilde Beaussault vous plaque au fauteuil. La Colline affiche 5/5 sur 2 avis, et même si le nombre est modeste, l’unanimité ne trompe pas sur la force de ce roman noir couronné par le Grand Prix de littérature policière 2025.
Les deux lecteurs qui se sont exprimés parlent d’un texte bouleversant, d’un drame social qui résonne avec les faits divers de notre époque, l’un le jugeant encore plus fort que « Les saules », le précédent roman de l’autrice. Je partage cette impression d’une écriture d’une maîtrise rare, capable de transformer une histoire épouvantable en récit impossible à lâcher. Ce n’est pas un thriller confortable, c’est une plongée viscérale, et c’est précisément ce qui le rend inoubliable.
Pourquoi écouter La Colline en livre audio ?
Un roman choral aussi âpre demande une voix capable d’en porter la brutalité sans jamais tomber dans le pathos, et James Gonin relève le défi avec une justesse remarquable. Il donne à Monroe, à sa grand-mère Madeleine et aux autres voix du récit une présence charnelle, laissant le silence peser quand le drame l’exige. En audio, la crudité des faits et la grâce de l’écriture se répondent avec une intensité que la lecture muette n’atteint pas toujours.
Les 8 heures et 29 minutes filent à une allure qui surprend, tant la tension ne relâche jamais son étreinte. C’est une durée ramassée, à la mesure d’un récit qui va droit au cœur des choses. La voix de Gonin épouse ce tempo serré, nous entraînant sur la colline balayée par le vent aussi bien que dans la chambre où Monroe se souvient, sans qu’on songe une seconde à faire pause.
Ce que vous allez découvrir
Entre la cité de Rennes et la colline où vit sa grand-mère Madeleine, Monroe, dix-sept ans et enceinte, remonte le fil des mois qui l’ont conduite au pire. Là-haut, auprès de cette vieille femme solitaire aux mains guérisseuses, le vent, le labeur et le silence façonnent les corps et les âmes. Beaussault tisse un roman choral où le social, l’intime et le tragique s’entrelacent avec une précision d’orfèvre.
Sans dévoiler la manière dont les fils se rejoignent, sachez que le livre explore la maternité, la transmission, la violence sociale et la façon dont un destin bascule loin des regards. La brutalité y côtoie constamment la grâce, comme le promet la quatrième de couverture, et c’est cette tension permanente qui fait la singularité du texte. On en ressort remué, la gorge nouée, mais convaincu d’avoir croisé une grande voix du roman noir.
À qui s’adresse ce livre audio ?
Je le recommande aux amateurs de polars littéraires exigeants, à celles et ceux qui n’ont pas peur des récits qui remuent et qui aiment quand le genre noir dit quelque chose de notre société. Si vous avez été marqué par « Les saules » ou par les drames sociaux qui font écho à l’actualité, La Colline vous cueillera de la même manière. Les âmes fragiles, en revanche, sont prévenues: le sujet est rude.
Ce n’est pas une écoute d’ambiance légère, plutôt un rendez-vous qu’on s’accorde quand on est disposé à se laisser bouleverser, au calme, sans distraction. Je le vois en écoute serrée sur un week-end, ou lors de trajets solitaires où l’on peut rester entièrement avec Monroe. Préparez-vous à être secoué, et laissez la voix de James Gonin vous accompagner jusqu’au bout de cette histoire.