Notre avis sur L’Encyclopédie du Savoir relatif et absolu en livre audio
Il y a des livres qu'on ne lit pas, qu'on butine, et celui-ci en fait partie. Bernard Werber y compile sa fameuse Encyclopédie du Savoir relatif et absolu, ce cabinet de curiosités où voisinent la théorie du centième singe, le kintsugi cet art japonais de réparer, la prophétie des Hopis, la recette du cassoulet toulousain et la sexualité pour le moins étonnante des baudroies des abysses. J'ai souri, j'ai levé un sourcil, j'ai parfois pouffé. Autant vous prévenir, la note de 3,1/5 sur 3 avis trahit surtout un public totalement divisé.
Et quel écart entre ces avis ! Un auditeur adore, trouve l'ensemble instructif et bien fait, du pur Werber pour qui apprécie l'auteur. Un autre décrit une expérience affligeante, incapable de tenir au-delà de dix minutes, avec le sentiment d'un crédit audio gâché. Un troisième s'enthousiasme pour les 253 articles, du format court de trois lignes aux développements de trois pages, en reconnaissant que certains valent mieux que d'autres. Moi je me range du côté des curieux : on n'est pas obligé de tout aimer pour se régaler.
Pourquoi écouter L’Encyclopédie du Savoir relatif et absolu en livre audio ?
Le format audio épouse merveilleusement la nature morcelée de ce texte. Benjamin Jungers passe d'un article à l'autre avec une curiosité gourmande, comme un ami cultivé qui vous glisserait à l'oreille une anecdote entre deux stations. Sa diction claire donne un relief particulier aux entrées les plus loufoques, celles sur la règle du micropénis ou la manière dont réfléchissent les chats, et il évite le piège du ton docte qui aurait pu rendre l'exercice pédant.
Avec treize heures et trente-trois minutes découpées en centaines de courtes notices, c'est le compagnon idéal des écoutes fragmentées. Vous pouvez picorer un article en faisant la vaisselle, en reprendre trois le lendemain, sans jamais perdre le fil puisqu'il n'y en a pas vraiment. J'ai aimé cette liberté, cette absence de pression narrative. Là où le livre papier invite à sauter des pages, l'audio vous laisse dériver d'une civilisation de géants supposée à la vraie histoire des Lilliputiens.
Ce que vous allez découvrir
Ne cherchez pas d'intrigue, il n'y en a pas. Vous allez découvrir un inventaire réjouissant de savoirs vrais, douteux ou franchement fantaisistes, réunis sous la bannière de la curiosité chère à Werber, qui place d'ailleurs cette qualité au-dessus de toutes les autres. On y croise la machine à parler avec les morts, le moyen d'inventer de faux souvenirs, le nom de l'homme qui aurait fait le plus de bien à l'humanité, ou encore l'histoire des harems turcs.
Chaque article est une petite porte ouverte, certaines donnent sur une pièce fascinante, d'autres sur un placard un peu vide, et c'est précisément ce mélange qui fait le sel de l'ensemble. On apprend, on doute, on va vérifier ensuite. Je ne vous dirai pas lesquelles de ces 253 entrées m'ont le plus marquée, le plaisir tient justement à tomber dessus par surprise, comme sur un caillou brillant au bord d'un chemin.
À qui s'adresse ce livre audio ?
Je le conseille sans hésiter aux esprits curieux, à ceux qui aiment collectionner les anecdotes pour les ressortir à table, et bien sûr aux lecteurs de Bernard Werber qui reconnaîtront le carnet d'Edmond Wells glissé dans ses romans. Si vous avez besoin d'une histoire avec un début, un milieu et une fin, passez votre chemin, l'un des auditeurs vous l'a dit sans détour.
C'est une écoute parfaite pour les trajets courts, les files d'attente, les insomnies où l'on veut nourrir son esprit sans s'engager dans un récit. Un article avant de dormir, deux au réveil, et vous voilà armé d'un savoir aussi inutile que délicieux. Idéale aussi à partager en voiture avec des adolescents, pour lancer des débats improbables sur les Hopis ou le cassoulet toulousain.