Notre avis sur Guy Georges en livre audio
Autant vous prévenir tout de suite, comme le fait l'œuvre elle-même : Guy Georges n'est pas une écoute confortable. Le récit s'ouvre sur un avertissement sans équivoque, contenu réservé à un public adulte averti, langage cru, violences, et il tient parole. Ce qui m'a happée, c'est l'angle choisi par Hélène Petiot et Xavier Beneroso : non pas le frisson gratuit, mais cette question glaçante posée d'emblée, vingt ans après le procès, le premier tueur en série français pourrait-il redemander sa liberté ?
La note de 3,2 sur 5 sur 4 avis dit bien que le sujet divise, et je le comprends. On n'aborde pas un tel dossier sans se demander où placer le curseur entre le devoir de mémoire et la fascination malsaine. Personnellement, j'ai trouvé que le texte gardait le cap du côté des victimes, du parquet, des flics et des journalistes qui n'ont rien oublié des nuits du chasseur, plutôt que du côté du bourreau. C'est ce parti pris qui, à mes yeux, sauve l'entreprise du voyeurisme.
Pourquoi écouter Guy Georges en livre audio ?
Trois heures et quarante-huit minutes : c'est court, tendu, et ce format ramassé sert le propos. On n'a pas le temps de reprendre son souffle, et je crois que c'est voulu. Jeremie Covillault installe une voix grave, presque de documentaire, qui refuse le sensationnalisme. Il ne joue pas le monstre, il raconte, et cette retenue rend le récit d'autant plus dérangeant : c'est la sobriété qui fait froid dans le dos.
L'audio a ceci de particulier sur un sujet criminel qu'il ne laisse pas d'échappatoire visuelle : la voix seule, dans les oreilles, impose les faits sans filtre. Sur un texte aussi bref et frontal, cette immersion sonore décuple le malaise, dans le bon sens du terme documentaire. Covillault sait poser les silences aux bons endroits, ceux qui pèsent, et c'est précisément dans ces respirations que le poids de l'affaire se dépose. Une lecture courte, mais qui ne s'oublie pas.
Ce que vous allez découvrir
Vingt ans après le procès qui l'a condamné, Guy Georges, ce fantôme qui hante encore la mémoire judiciaire française, pourrait déposer une demande de remise en liberté. Le livre part de cette hypothèse pour rouvrir le dossier du premier serial killer français, et interroger tous ceux qui l'ont approché et qui, unanimes, jugent une libération insensée. Une plaie béante, un échec qui refuse de se refermer.
Au-delà du fait divers, c'est une plongée dans les mécanismes de la justice, de la récidive, de la mémoire des victimes et du travail des enquêteurs. Hélène Petiot et Xavier Beneroso ne cherchent pas à expliquer l'inexplicable, mais à documenter une histoire que personne n'a oubliée. Je ne dévoilerai pas la manière dont le récit tranche cette question de la liberté, mais sachez qu'il vous laissera avec vos propres interrogations sur ce que signifie punir, oublier ou se souvenir.
À qui s'adresse ce livre audio ?
Ce livre audio s'adresse clairement à un public adulte, amateur de true crime et de récits judiciaires qui ne détournent pas le regard. Si les documentaires sur les grandes affaires criminelles vous captivent, si vous suivez les procès et les questions de justice avec un œil critique, vous trouverez ici une matière dense en peu de temps.
En revanche, je le déconseille aux âmes sensibles et à quiconque cherche une écoute légère : le contenu est explicite, les faits sont durs, et ce n'est pas le compagnon d'une soirée détente. Je le verrais plutôt comme une écoute d'un seul tenant, un après-midi où l'on a l'esprit disponible pour encaisser un sujet lourd. À réserver aux moments où l'on a envie de comprendre plutôt que de se divertir.