Notre avis sur Disco Inferno en livre audio
Paris, été 1982, les dancefloors clignotent et pourtant c'est la mort qui mène la danse: rien que cette promesse suffit à comprendre qu'on est chez Jean-Christophe Grangé. La devinette macabre qui ouvre le roman, un médecin, un flic, une lycéenne, et un assassin qui dépèce ses victimes à la machette, donne le ton d'emblée. Premier tome de la série Sans soleil, ce polar assume une noirceur poisseuse que j'ai trouvée redoutablement efficace. Avec 4,2 sur 5 pour 2 441 avis, il fait clairement partie des titres qui rassemblent les foules.
Les auditeurs parlent d'un livre qu'on ne peut plus lâcher, passionnant de bout en bout, avec ce mélange grangéen d'humour noir malgré des sujets terribles. Un lecteur souligne un suspense en crescendo, tout en notant que l'action a près de quarante ans et se sent un peu datée; un autre s'est passionné pour ce Paris des années 80, ses nuits et l'ombre naissante du sida en toile de fond. Je partage l'emballement: l'ambiance inquiétante s'installe vite et ne vous lâche plus.
Pourquoi écouter Disco Inferno en livre audio ?
La mécanique de Grangé, ces chapitres courts qui claquent et ces révélations distillées au compte-gouttes, est taillée pour l'audio. Benjamin Jungers s'empare de cette enquête hallucinée avec un vrai sens du tempo: il accélère quand ça cogne, retient son souffle quand la menace rôde, et donne chair à cette galerie de personnages, du médecin au flic. Sa voix épouse l'atmosphère des clubs et des ruelles nocturnes sans jamais en rajouter.
Sur 11 heures et 48 minutes, l'immersion dans ce Paris de 1982 a le temps de devenir totale, avec sa bande-son imaginaire et sa moiteur de fin d'été. C'est une durée confortable pour un thriller de cette ampleur: assez pour tisser l'enquête et ses fausses pistes, pas au point de diluer la tension. Jungers tient le rythme jusqu'au bout, et l'on avance dans le noir comme on suivrait un fil rouge sang.
Ce que vous allez découvrir
En cet été 1982, moins il y a de soleil, plus il y a de sang. Un tueur en série sévit sur les pistes de danse parisiennes, mutilant ses victimes à la machette, et l'enquête va convoquer des figures que tout oppose. Grangé nous entraîne dans une quête hallucinée sur les traces du mal, à travers un Paris nocturne, festif et menaçant à la fois, où la fête sert de couverture à l'horreur.
Au-delà du frisson, le roman capte un moment précis de l'histoire: la libération des nuits parisiennes et l'angoisse sourde d'une époque où une maladie encore mystérieuse commence à faucher. Premier volet de la série Sans soleil, il pose un décor et une menace qu'on n'oublie pas. Je me garde bien de vous révéler l'identité que cache la devinette d'ouverture, mais préparez-vous à quelques scènes qui ne ménagent pas les âmes sensibles.
À qui s'adresse ce livre audio ?
Les amateurs de thrillers noirs et de tueurs en série, ceux qui ont dévoré Le Vol des cigognes ou Les Rivières pourpres, se sentiront en terrain connu et conquis. Comme c'est le premier tome de la série Sans soleil, c'est aussi une excellente porte d'entrée pour qui veut découvrir Grangé par le commencement. En revanche, les coeurs délicats et les allergiques aux scènes crues passeront leur chemin.
Je réserve ce titre aux écoutes où l'on peut se laisser happer sans être dérangé: une soirée d'hiver rideaux tirés, un long trajet de nuit, un moment où l'on a envie de se faire peur pour de bon. Ce n'est pas un fond sonore léger, c'est une plongée. Et si vous accrochez à ce Paris crépusculaire, la bonne nouvelle, c'est qu'une suite vous attend.