Notre avis sur Dieu et Sorcière en livre audio
Il y a des héros qui portent leur passé comme une pierre au cou, et Aren, cet ancien assassin repenti qui se cache dans un vieil hôtel des bois réputé hanté par des sorcières, m'a attrapée dès les premières minutes. Je redoutais un énième récit de rédemption bien sage, et j'ai découvert tout autre chose sous la plume d'Angel Arekin: une romance sombre où l'homme censé se racheter comprend, nuit après nuit, que son destin lui échappe. Avec une note de 4,5 sur 5 pour 38 avis, ce roman ne suscite pas une tiédeur polie, il déclenche des attachements très francs.
Les auditrices parlent d'un univers envoûtant, à l'image de ses personnages: sombre et lumineux en même temps. L'une raconte avoir eu le coeur et les nerfs mis à rude épreuve par certains passages, une autre décrit une histoire tissée dans l'obscurité, deux mondes qui se cherchent pour mieux avancer. Je partage cet emballement, avec une petite réserve d'amie honnête: le récit prend son temps à poser ses pièces, et la vraie tension démarre quand Lifren Morgeline entre en scène, belle, froide, et vous scrutant avec autant de prudence que de mépris. Passé ce cap, on ne décroche plus.
Pourquoi écouter Dieu et Sorcière en livre audio ?
Ce type de huis clos brumeux, un hôtel isolé, des superstitions de sorcières, une plaie marquée d'un sceau étrange, gagne énormément à passer par la voix. Juliette Croizat installe une atmosphère feutrée, presque poisseuse, et sait rendre la froideur de Lifren sans jamais la caricaturer: on entend le mépris poli sous le charme, le calcul derrière le sourire. C'est exactement ce dont ce texte avait besoin.
Avec ses 27 heures et 15 minutes, on tient là un vrai titre-fleuve, l'équivalent d'une longue saison qu'on habite plus qu'on ne l'écoute. Pour une dark romance, cette durée est un atout: elle laisse le temps aux non-dits de macérer et à la défiance entre Aren et Lifren de monter par paliers. Juliette Croizat tient la distance sans jamais mécaniser sa lecture, et sur un format aussi ample, croyez-moi, ce n'est pas donné à toutes les voix.
Ce que vous allez découvrir
Aren fuit, poursuivi par la mort et par le poids de ses crimes. Sa cavale le mène dans un hôtel perdu au milieu des bois, un lieu que les superstitions locales disent hanté par des sorcières. Il y croise Lifren Morgeline, hôtesse aussi charmante en apparence que glaciale au fond, qui l'observe comme on surveille un intrus. Ce qui aurait pu rester une simple halte devient tout autre chose la nuit où Lifren rentre blessée, portant sur la peau le sceau d'une plaie qui n'a rien de naturel.
À partir de là, l'homme qui pensait marcher droit vers sa rédemption découvre qu'il ne maîtrise plus rien du chemin qu'on trace pour lui. Angel Arekin joue sur le fil de la romance noire et du surnaturel, avec la culpabilité, la méfiance et le désir comme moteurs. Je ne vous en dis pas plus sur ce que cache Lifren, mais sachez que le récit prend un plaisir manifeste à brouiller la frontière entre le bourreau et la victime.
À qui s'adresse ce livre audio ?
Si vous aimez les romances sombres, les héros abîmés et les héroïnes qui ne se laissent pas apprivoiser, ce titre est pour vous. Il parlera tout particulièrement aux amatrices de romantasy à l'ambiance gothique, celles qui préfèrent la tension trouble aux histoires trop lumineuses. Les âmes en quête d'une comédie sentimentale légère, en revanche, risquent d'être décontenancées par sa noirceur.
Côté écoute, je le réserverais aux longues soirées d'automne, une couverture sur les genoux, quand la nuit tombe tôt et que l'atmosphère de l'hôtel hanté résonne d'autant mieux. Ses 27 heures se savourent par chapitres, sans se presser, comme une série qu'on ne veut pas voir finir trop vite. Un beau compagnon pour qui n'a pas peur du noir.