Notre avis sur Premier Amour en livre audio
Trois amis réunis un soir décident de se raconter leur premier amour, et l'un d'eux remonte à ses seize ans, un été de jeunesse passé chez ses parents. C'est ce dispositif de confession que Tourgueniev choisit pour Premier Amour, et il m'a cueillie par sa simplicité. Dans la maison voisine s'installe Zinaïda, jeune princesse qui joue de ses soupirants comme d'un jeu de cartes. Avec 4,3/5 sur 704 avis, ce court récit classique n'a rien perdu de son pouvoir de captation.
Une lectrice avoue un énorme coup de cœur pour Zinaïda, ce personnage qu'on pourrait juger détestable mais dont la coquetterie cache une jeune fille plus fragile qu'il n'y paraît, et je partage totalement ce trouble. Une autre parle des souffrances qui accompagnent la première passion, et c'est exactement là que le texte fait mouche. On croit lire une bluette d'été, on referme le récit le cœur un peu serré.
Pourquoi écouter Premier Amour en livre audio ?
Sur seulement deux heures et trente-sept minutes, l'audio devient un écrin idéal pour cette nouvelle. Pierre-François Garel adopte le ton de la confidence, celui d'un homme qui se souvient, et cette voix posée fait ressortir la nostalgie qui imprègne chaque page. Quand Zinaïda entre en scène, il glisse ce qu'il faut de légèreté enjouée pour qu'on comprenne le vertige du jeune narrateur.
La brièveté du texte est un atout: deux heures et demie, c'est le temps d'une soirée, d'un long bain ou d'un trajet, et l'on ressort de cette écoute comme d'un rêve d'adolescence. Le format audio épouse parfaitement la structure de récit-souvenir, cette parole qui coule d'un seul tenant. J'ai aimé me laisser porter sans interruption, pour ne pas casser le charme mélancolique que Garel installe patiemment.
Ce que vous allez découvrir
Le narrateur, seize ans, tombe éperdument amoureux de la princesse Zinaïda, sa voisine plus âgée, entourée d'une cour de prétendants qu'elle mène par le bout du nez. On assiste à l'éveil sentimental d'un adolescent, ses espoirs, ses jalousies, ses humiliations, dans le décor d'un été russe. Tourgueniev peint avec une justesse déchirante ce premier émoi qui mêle adoration et douleur.
Sans rien révéler du secret qui donne à cette nouvelle sa force et son amertume, je peux dire que Premier Amour parle de l'illusion, de la découverte que ceux qu'on aime ont eux aussi leurs blessures. C'est un texte sur le passage de l'enfance à l'âge adulte, sur la première fois où le cœur se brise. La fin, que je garde soigneusement pour vous, transforme rétrospectivement tout ce qui précède.
À qui s'adresse ce livre audio ?
Je le recommande aux amoureux des classiques russes qui n'ont pas envie d'un pavé, mais aussi aux lycéens et collégiens qui l'ont peut-être au programme, comme le signalent plusieurs auditeurs venus le redécouvrir pour leurs études. C'est une porte d'entrée idéale vers Tourgueniev, courte et bouleversante.
C'est une écoute pour les soirs où l'on a envie d'être remué en douceur, où la nostalgie ne fait pas peur. Je la verrais bien un dimanche d'automne, ou pour retrouver l'écho de son propre premier amour. À réserver aux moments où l'on peut s'offrir ces deux heures d'affilée, car ce récit se vit d'un seul tenant, comme la confidence d'un ami qu'on n'ose interrompre.