Notre avis sur Post Mortem en livre audio
Selma cumule tout ce qui ferme les portes: pas de diplôme, aucune expérience, pas la moindre recommandation, et par-dessus tout, elle est séropositive. C'est cette héroïne à bout de ressources que Julien Centaure jette dans l'univers glaçant du docteur Liober, et j'ai été prise par la façon dont l'auteur transforme une galère sociale bien réelle en porte d'entrée vers le fantastique. Avec 4,3/5 sur 214 avis, ce roman de science-fiction a manifestement trouvé son public.
Ce qui m'a marquée, c'est le contraste: le début sonne comme un drame social, ce parcours du combattant pour décrocher n'importe quel emploi, puis le récit bascule vers quelque chose de bien plus trouble, du côté de cette grande faucheuse gardienne du mystère de la vie. Je préviens tout de suite, l'ambiance est sinistre, parfois dérangeante, et c'est parfaitement assumé. Mais ce mélange de misère ordinaire et de mystère métaphysique donne au roman une couleur qui ne ressemble à rien d'autre dans le genre.
Pourquoi écouter Post Mortem en livre audio ?
Dix-huit heures et trente-neuf minutes dans l'univers du docteur Liober, cela demande un narrateur capable de tenir la corde. Renaud Dehesdin installe une atmosphère feutrée, presque clinique, qui épouse à merveille le côté sinistre des lieux que Selma est amenée à côtoyer. Sa voix sait se faire inquiétante sans jamais en faire trop, ce qui laisse toute la place au travail de l'imagination.
La longueur du texte joue en sa faveur en audio: on s'installe durablement dans ce monde, on apprend à connaître Selma, ses doutes, sa manière d'accepter l'inacceptable pour survivre. J'ai trouvé que le format sonore accentuait le malaise diffus, cette sensation de basculer peu à peu dans quelque chose qu'on ne maîtrise plus. À écouter d'une oreille attentive, car l'intrigue se nourrit de détails qu'il vaut mieux ne pas manquer.
Ce que vous allez découvrir
Le point de départ est terriblement concret: comment survivre quand la société vous a déjà mise au rebut ? Selma finit par accepter des conditions de travail que personne ne voudrait, quitte à frôler la grande faucheuse. C'est là que Post Mortem quitte le réalisme social pour s'aventurer vers le fantastique et la question vertigineuse de la frontière entre la vie et la mort.
Julien Centaure tisse son intrigue autour du mystérieux docteur Liober, dont l'univers exerce une emprise dont on se demande vite si Selma pourra jamais se défaire. Je garde le silence sur la nature exacte de ce qu'elle découvre, car le sel du roman tient à cette lente révélation. Attendez-vous à des thèmes graves, la maladie, la marginalité, la mort, traités sans détour mais avec une vraie ambition d'imaginaire.
À qui s'adresse ce livre audio ?
Je le recommande aux lecteurs de science-fiction qui aiment quand le genre se teinte de noirceur et pose des questions existentielles, plutôt qu'aux amateurs d'aventures spatiales lumineuses. Si les atmosphères dérangeantes et les héroïnes cabossées vous parlent, Selma a de quoi vous marquer durablement.
Ce n'est pas une écoute de plage insouciante, c'est un roman qui se déguste dans le calme, un soir d'hiver ou lors d'un long trajet solitaire où l'on accepte de se laisser troubler. Je le déconseillerais aux personnes que les sujets liés à la maladie ou à la mort mettent mal à l'aise. Pour les autres, c'est une plongée singulière, portée par une voix qui sait faire durer le frisson.