Notre avis sur Plus noir que noir en livre audio
Il y a chez Stephen King un art particulier de la nouvelle, celui qui vous saisit à la gorge en dix pages puis vous relâche, un peu essoufflée, avant de recommencer. Plus noir que noir, ce sont douze de ces histoires, et j'avoue une tendresse spéciale pour celle du veuf parti se reposer en Floride qui récolte un héritage bien plus encombrant qu'un chèque. Avec 4,5/5 sur 589 avis, ce recueil confirme que King est aussi redoutable sur la distance courte que sur ses grands pavés.
Soyons honnêtes: comme tout recueil, celui-ci a ses sommets et ses passages plus tièdes. Le flash psychique qui bouleverse l'existence de Danny et celle de dizaines d'autres frappe fort, tandis que d'autres textes jouent une corde plus intime que franchement horrifique. Mais c'est justement ce que j'aime dans ce format: on y voit King explorer, oser, changer de registre. On en ressort avec deux ou trois nouvelles qui ne vous lâchent plus.
Pourquoi écouter Plus noir que noir en livre audio ?
King a toujours eu une écriture qui se raconte à voix haute, comme au coin d'un feu de camp, et c'est exactement ce que Guillaume Orsat exploite. Sa voix grave sait installer le malaise sans en faire des tonnes, laisser un silence traîner juste ce qu'il faut avant la bascule. Dans un recueil où chaque nouvelle a son atmosphère propre, ce travail de coloration est précieux: on passe d'un secret d'artiste à une jungle vietnamienne sans jamais perdre le fil.
Les 22 heures et 51 minutes peuvent impressionner, mais la structure en nouvelles en fait paradoxalement l'un des formats les plus confortables à écouter. On avale une histoire complète le temps d'un trajet, on referme, on savoure. Nul besoin de se souvenir d'une intrigue tentaculaire d'une semaine sur l'autre, car chaque texte se suffit à lui même, et Orsat vous replonge dans l'ambiance dès les premières phrases.
Ce que vous allez découvrir
Vous allez plonger dans les tréfonds les plus sombres de l'imaginaire de King, mais aussi dans ses zones les plus mélancoliques. Un secret longtemps enfoui qui expliquerait le talent de deux artistes, un homme endeuillé confronté à un legs assorti d'obligations qu'il n'avait pas vues venir, un vétéran du Vietnam qui répond à une offre d'emploi et découvre qu'il est des recoins de l'univers où il vaut mieux ne pas mettre les pieds: chaque nouvelle est une porte.
Ce qui relie ces récits, c'est le talent de King pour partir du plus banal, un veuvage, un emploi, un don artistique, et faire glisser lentement le sol sous nos pieds. On y retrouve sa fascination pour ce qui se tapit derrière la vie ordinaire des gens ordinaires. Je ne vous dévoile évidemment aucune chute, car la moitié du plaisir tient à ces retournements que le maître dose au millimètre.
À qui s'adresse ce livre audio ?
Si vous êtes déjà conquise par King, ce recueil est une évidence, et il fait un excellent point d'entrée pour qui hésite encore à s'engager dans un de ses romans fleuves. Le format nouvelle permet de goûter à son univers par petites doses, sans engagement de plusieurs semaines. Les amateurs de fantastique et de thriller psychologique y trouveront leur compte, et les âmes très sensibles seront prévenues: certains textes cognent.
Je le vois parfaitement pour les longs trajets fractionnés, où l'on cale une nouvelle par étape, ou pour ces soirées d'automne où l'on a envie d'un frisson maîtrisé plutôt que d'un cauchemar. À réserver, peut-être, aux heures où l'on ne redoute pas trop les grincements de la maison, car Orsat a l'art de rendre les silences habités.