Notre avis sur Panique aux pompes funèbres en livre audio
Un croque-mort qu'on retrouve mort et sa fille qui s'évapore dans la foulée: il fallait bien un paradoxe de ce calibre pour tirer Léopoldine Courtecuisse de l'ennui qui la guettait après sa première enquête. J'ai adoré cette entrée en matière, parce qu'elle dit tout du sel de la série: une coiffeuse alsacienne qui s'ennuie ferme dès que plus personne ne meurt dans sa petite bourgade de Wahlbourg.
Avec une note de 4,6/5 sur 322 avis, ce deuxième tome a manifestement conquis son public, et je comprends pourquoi. Une auditrice la surnomme joliment « notre Miss Marple alsacienne », et le titre lui va comme un bigoudi: Léopoldine repère les détails qui échappent à tout le monde et souffle les bonnes pistes à la gendarmerie. Entre secrets de famille bien vilains, vols et petites escroqueries, la double enquête ne manque pas de fils à démêler.
Pourquoi écouter Panique aux pompes funèbres en livre audio ?
Eve Reinquin prête sa voix à Léopoldine, et c'est une association qui fonctionne à merveille. Elle attrape ce ton de bavarde futée, de mère débordée et d'enquêteuse du dimanche avec un naturel qui donne l'impression d'écouter une amie raconter les potins du salon. Les piques échangées avec Quentin Delval, ce jeune gendarme qui la trouve agaçante tout en la considérant comme sa meilleure amie, prennent un relief savoureux à l'oral.
Les huit heures et vingt-cinq minutes s'écoulent comme un après-midi entre les mains d'une bonne coiffeuse: on ne voit pas le temps passer. Reinquin sait faire vivre la galerie de clientes du salon, celles qui colportent ragots et rumeurs, et cette rumeur de fond devient une vraie matière sonore. C'est le genre de cosy mystery qu'on écoute le sourire aux lèvres, sans jamais craindre de basculer dans le glauque.
Ce que vous allez découvrir
Deux mystères s'entremêlent ici: la mort du croque-mort du village et la disparition de sa fille. Léopoldine, coiffeuse à Wahlbourg, mère de deux ados intenables et séparée de leur père, mène l'affaire à sa façon, entre deux brushings et trois confidences de clientes. Naëlle Charles cultive ce mélange très gourmand d'intrigue policière et de chronique villageoise, où chaque commère peut cacher un indice.
Ce qui rend l'ensemble attachant, c'est que l'enquête n'écrase jamais le quotidien: on suit les tracas familiaux de Léo autant que ses déductions. Sans rien vous révéler du fin mot, sachez que les secrets déterrés remontent loin dans les histoires de famille du village. La mécanique reste bon enfant, mais Charles y glisse ce qu'il faut de noirceur pour qu'on enchaîne les chapitres avec appétit.
À qui s'adresse ce livre audio ?
Si vous aimez les enquêtes feutrées à la Agatha Christie transposées dans nos campagnes, avec une héroïne haute en couleur, vous êtes à la bonne adresse. On peut tout à fait démarrer par ce deuxième tome, mais je vous conseille de commencer par le premier volet des aventures de Léopoldine pour savourer la naissance de sa vocation de détective amateur et son duo avec Quentin dès ses débuts.
Côté écoute, ces huit heures et demie sont parfaites pour accompagner un long trajet en train, une séance de repassage ou une soirée cocooning où l'on veut du suspense sans stress. C'est un doudou sonore, de ceux qu'on lance quand les lectures plus exigeantes nous tombent des mains. Idéal pour qui cherche un polar léger, drôle et profondément sympathique, à écouter comme on retrouve une amie bavarde.