Notre avis sur Love, Mom en livre audio
Il y a des premières lignes qui vous attrapent à la gorge, et celle que reçoit Mackenzie le jour des obsèques de sa mère en fait partie : « Tu veux connaître un secret ? Love, Mom. » J'ai rarement lu formule d'adieu aussi tendre et aussi terrifiante à la fois. Iliana Xander a compris qu'un thriller domestique n'a pas besoin de cadavres en série pour vous nouer l'estomac, il lui suffit d'une enveloppe glissée dans la main d'une fille de 21 ans qui croyait tout savoir de sa mère, la célèbre autrice E.V. Renge.
Ce ressenti, les 674 auditeurs qui placent le titre à 4,5/5 sur 674 avis semblent le partager. Une lectrice raconte avoir retrouvé cette envie un peu oubliée de courir vers son livre dès le soir venu, une autre salue une intrigue à rebondissements qui donne aussitôt envie d'enchaîner sur le reste de l'oeuvre de Xander. Un troisième avis résume bien la mécanique : c'est le thriller qui se dévore d'une traite, celui qu'on suit comme un plat trop bon pour être posé. Je confirme, c'est exactement le genre d'écoute qui grignote les soirées.
Pourquoi écouter Love, Mom en livre audio ?
Le roman avance par lettres et par extraits du journal intime de E.V. Renge, et c'est précisément là que l'audio prend l'avantage. Quand Clémentine Domptail lit ces pages secrètes, on n'a plus l'impression de déchiffrer une écriture posthume mais d'entendre réellement la mère parler depuis l'au-delà, confidence après confidence. Sa voix module ce double jeu entre la Mackenzie qui découvre et la Renge qui révèle, et cette bascule permanente crée un vertige que la lecture silencieuse aurait aplati.
Les 10 heures et 14 minutes filent parce que chaque lettre relance la partie : à peine a-t-on encaissé une révélation qu'une deuxième, puis une troisième enveloppe rebattent les cartes. C'est un format taillé pour les trajets longs ou les soirées où l'on repousse volontairement l'extinction de la lampe. J'ai apprécié que la narration ménage des silences après les phrases-chocs, ces respirations où l'on reste suspendu à ce que Mackenzie vient d'apprendre sur celle qu'elle appelait maman.
Ce que vous allez découvrir
Mackenzie a grandi dans l'ombre d'une mère adulée, dont les thrillers s'arrachaient pendant qu'elle-même cherchait sa place. La mort brutale de E.V. Renge dans un accident aurait dû clore cette histoire de fille tenue à distance, sauf que la disparue avait tout prévu. Les lettres arrivent une à une, chacune accompagnée d'un fragment de journal, chacune enfonçant un peu plus le clou d'une vérité que Mackenzie n'était pas censée connaître.
Sous le vernis du page-turner se cache un vrai sujet : jusqu'où connaît-on ses parents, et que fait-on de l'héritage empoisonné d'un secret. Xander joue avec la figure de l'autrice de thrillers dont la vie réelle pourrait dépasser la fiction, et cette mise en abyme donne au récit une saveur particulière. Je ne dirai rien de ce que contiennent les dernières enveloppes, mais sachez que la question posée dès la première phrase trouve une réponse qui ne laisse pas indemne.
À qui s'adresse ce livre audio ?
Si vous aimez les thrillers domestiques, ceux qui se logent dans les secrets de famille plutôt que dans les courses-poursuites, Love, Mom est fait pour vous. C'est une écoute idéale pour qui veut une intrigue prenante sans exiger une concentration de tous les instants, le genre d'histoire qu'on suit facilement en cuisinant, en marchant ou en pliant du linge, tant la voix de Clémentine Domptail guide sans jamais perdre.
Je le conseillerais surtout pour les soirées d'automne, lampe tamisée et thé à portée de main, quand on a envie de se faire un peu peur avec une histoire de mère et de fille plutôt qu'avec un tueur masqué. Prévoyez juste de ne pas commencer la dernière heure trop tard : entre deux révélations, on se surprend à repousser le sommeil pour savoir ce que cachait encore E.V. Renge. Une amie prévenue en vaut deux.