Notre avis sur Le Temps des Amours en livre audio
« Ma famille, ma chère famille, n’était plus le centre de mon existence. » Cette phrase de Marcel Pagnol, glissée dans les premières pages, m’a serré le cœur : c’est tout le passage de l’enfance à l’adolescence qui tient dans ces quelques mots. Le Temps des amours vient clore les Souvenirs d’enfance, et il porte en lui quelque chose de doux-amer, car ce sont des chapitres retrouvés dans les dossiers de l’écrivain trois ans après sa mort. On y sent Pagnol qui, peut-être, retardait le moment de dire adieu aux héros de sa jeunesse.
Les auditeurs lui décernent 4,6 sur 5 sur 532 avis, et cette belle note dit bien la tendresse qu’inspire ce texte. Plusieurs évoquent des souvenirs de leur propre enfance ravivés à l’écoute, d’autres saluent un récit franchement drôle, et je les rejoins sans hésiter. Il y a chez Pagnol cette manière unique de mêler la nostalgie au rire, de croquer les personnages avec une malice attendrie. On referme ce livre le sourire aux lèvres et une petite boule à la gorge.
Pourquoi écouter Le Temps des Amours en livre audio ?
Confier Pagnol à Philippe Caubère, c’est presque une évidence tant le comédien connaît cette langue de l’intérieur. Sa lecture n’est pas une simple récitation : c’est une interprétation habitée, avec l’accent qui chante, les silences qui font mouche et ce sens du théâtre qui restitue toute la saveur des dialogues. Il fait revivre le jeune Marcel, ses émois et ses maladresses, avec une justesse qui donne l’impression d’entendre Pagnol lui-même raconter sa jeunesse au coin d’une table.
Six heures et trente-huit minutes suffisent à ce récit ciselé, et l’audio lui va comme un gant. Ces souvenirs d’enfance étaient faits pour être dits à voix haute, transmis comme on transmet une histoire de famille. La musicalité de la prose provençale, portée par Caubère, prend une dimension qu’aucune lecture silencieuse ne saurait égaler. C’est un texte à écouter lentement, en savourant chaque anecdote, comme on écouterait un grand-oncle conteur au soir d’un long repas.
Ce que vous allez découvrir
Dans ce dernier volet, le jeune Marcel quitte doucement le monde de l’enfance pour entrer dans celui du collège et des premiers émois. On y croise ses camarades, ses professeurs, les mille péripéties de la vie scolaire marseillaise, et cette découverte troublante que la famille n’occupe plus toute la place. Pagnol y déploie son art du portrait et de l’anecdote, entre farces d’écoliers et éveil des sentiments, avec la précision d’un mémorialiste et la légèreté d’un conteur né.
Le charme particulier de ce recueil tient à son histoire éditoriale : composé de chapitres achevés mais laissés de côté par l’auteur, il a été reconstitué après sa disparition. On y perçoit donc un Pagnol plus libre, presque intime, qui revient une dernière fois sur les lieux de sa mémoire. Sans rien vous dévoiler des épisodes les plus savoureux, sachez que l’humour et l’émotion s’y côtoient à chaque chapitre, fidèles à la tonalité de toute la série des Souvenirs d’enfance.
À qui s’adresse ce livre audio ?
Ce livre audio est un cadeau pour les amoureux de Pagnol, bien sûr, mais aussi pour tous ceux qui ont suivi les Souvenirs d’enfance jusqu’au Temps des secrets et veulent en entendre la suite. Les nostalgiques d’une France provençale et d’une enfance buissonnière s’y sentiront chez eux. Et si vous découvrez l’auteur, ce Temps des amours peut se savourer seul, même s’il gagne à être écouté dans le prolongement des tomes précédents.
Pour le moment d’écoute, je l’imagine parfait en fin de journée, dans un fauteuil, ou lors d’un trajet vers le Sud quand le paysage se met à sentir la garrigue. C’est une écoute qui se partage aussi volontiers en famille, tant l’humour de Pagnol traverse les générations. À réserver à qui aime prendre son temps et goûter le charme suranné d’une époque révolue : ce n’est pas le rythme d’un thriller, mais la tendre lenteur du souvenir. Un pur moment de réconfort.