Notre avis sur Le Don en livre audio
Wyl Thirsk n'a même pas fini de grandir qu'on le nomme déjà commandant en chef des armées de Morgravia, un rôle pour lequel on le préparait depuis sa naissance. Voilà une entrée en matière qui m'a happée d'emblée, car le destin réserve à ce jeune héros mieux, ou pire: un geste de compassion envers une sorcière condamnée au bûcher va lui valoir un don aussi miraculeux qu'encombrant. Ce premier tome du Dernier Souffle joue à fond cette promesse.
Fort de 4,5 sur 5 sur 226 avis, Le Don séduit par son efficacité. Un auditeur le résume bien en parlant d'un scénario palpitant et d'une lecture facile, tout en le trouvant moins exigeant qu'une Robin Hobb; un autre parle carrément d'une trilogie à dévorer sans modération. Je partage ce ressenti: on n'est pas dans la fantasy la plus subtile du monde, mais dans un récit qui file, qui accroche et qui manie très bien le cliffhanger. Attention, malgré le pitch de conte, c'est une histoire d'adultes, sombre et parfois cruelle.
Pourquoi écouter Le Don en livre audio ?
Dix-neuf heures et trente-neuf minutes, autant vous prévenir, c'est un vrai pavé sonore, et c'est précisément ce qui fait le bonheur des amateurs de fantasy: on s'installe pour de bon à Morgravia. Le format audio est idéal pour ce genre de grande fresque, car il permet de vivre les intrigues de cour, les batailles et les voyages sans se laisser décourager par l'épaisseur du volume papier.
Arnauld Le Ridant abat un travail considérable sur cette durée. Il donne de la prestance au jeune Wyl, une froideur venimeuse au prince Celimus, ce despote sadique qu'on adore détester, et il navigue entre les registres martiaux et intimes avec aisance. Sur près de vingt heures, sa capacité à différencier les voix et à soutenir le rythme est décisive: c'est ce qui transforme un long récit en compagnon de plusieurs semaines qu'on retrouve avec plaisir.
Ce que vous allez découvrir
L'intrigue s'enracine dans la rivalité de deux royaumes, Morgravia et Briavel, en guerre perpétuelle. Wyl, jeune commandant fidèle, se retrouve à la cour du prince Celimus, un tyran qui prend un plaisir malsain à l'humilier. Contraint d'obéir, il est envoyé en mission quasi suicidaire à la cour ennemie, avec pour seul atout un pouvoir dont il ne soupçonne même pas l'existence, hérité de la sorcière qu'il a tenté de sauver.
Ce don, dont je me garderai bien de dévoiler la mécanique, est le grand ressort du roman et de toute la trilogie. Fiona McIntosh y déploie ses thèmes favoris: la loyauté, la vengeance, le prix du pouvoir et la question de l'identité. Entre complots de palais, trahisons et retournements, le récit ne laisse guère de répit, et pose les jalons d'une saga dont ce tome n'est que la première pierre.
À qui s'adresse ce livre audio ?
Le Don est parfait pour les amateurs de fantasy médiévale qui aiment les intrigues de cour, les héros mis à l'épreuve et les méchants savoureusement détestables. Si vous cherchez une porte d'entrée accessible dans le genre, moins dense qu'un Robin Hobb ou un Martin, ce premier tome coche toutes les cases. Comme il ouvre la trilogie du Dernier Souffle, c'est évidemment par lui qu'il faut commencer avant de poursuivre l'aventure.
Je le déconseille en revanche aux plus jeunes: malgré son allure de conte, le roman assume sa noirceur, sa violence et sa cruauté, comme le rappellent d'ailleurs certains auditeurs. Pour les adultes fans de fantasy addictive à s'enfiler sur de longues soirées ou un voyage au long cours, en revanche, c'est une valeur sûre. Prévoyez juste de la marge, car une fois lancé, on a rarement envie de s'arrêter au premier tome.