Notre avis sur La Tour des Mendiants en livre audio
Certains livres ne s'annoncent qu'à voix basse, portés par une poignée de lecteurs conquis, et La Tour des Mendiants en fait partie. Ils ne sont que deux à l'avoir noté, mais tous deux lui accordent un franc 5 sur 5, et cette petite unanimité m'a intriguée autant que le sort de Niri, cette jeune charbonnière brutalement jetée seule dans les rues de Clairécho à la mort de son oncle.
Les rares avis pointent la même chose : une fantasy originale et bien menée, aussi bien écrite que lue, du genre qu'on n'avait plus croisé depuis longtemps. Le seul regret partagé, et je le fais mien, c'est l'attente d'une suite qui tarde à paraître en français. Voilà un titre que je range du côté des découvertes qu'on a envie de défendre, précisément parce qu'elles sortent des sentiers battus.
Pourquoi écouter La Tour des Mendiants en livre audio ?
Éric Chantelauze installe cet univers des Terres fragmentées avec une application de conteur qui donne du corps au monde de Torsten Weitze. Sa lecture soignée, saluée par les auditeurs, sait rendre la solitude de Niri comme la dureté du monde qui la rejette, et pose les enjeux d'un peuple, les aeldae, sans qu'on ait besoin d'une carte sous les yeux.
Avec 18 heures et 35 minutes, c'est un morceau généreux, et cette longueur sert le récit initiatique : on a le temps de suivre Niri depuis sa chute jusqu'aux portes de l'Académie de Rochetempête. Le format audio épouse bien ce type d'apprentissage progressif, où chaque étape se dépose tranquillement, et où l'on prend goût à retrouver l'héroïne épisode après épisode, sans se presser.
Ce que vous allez découvrir
À la mort de son oncle, Niri se retrouve sans ressources dans les rues de Clairécho, et sa condition se complique d'un lourd héritage : elle est à moitié aeldae, ce peuple qui réduisit jadis les humains des Terres fragmentées en esclavage. Rejetée, traquée, elle se raccroche à une ultime lueur d'espoir, une pièce spéciale censée lui ouvrir les portes de la célèbre Académie de Rochetempête.
Cette Académie, centre reconnu de formation en magie et en combat, promet un nouveau départ, mais la joie de Niri tourne court dès qu'elle en apprend davantage sur ce qui l'y attend. Sans rien dévoiler des épreuves à venir, le roman travaille la question de l'appartenance et du rejet, du sang qu'on n'a pas choisi, dans un décor de dark fantasy où l'espoir se paie toujours au prix fort.
À qui s'adresse ce livre audio ?
Je le conseille aux amateurs de fantasy initiatique, ceux qui aiment les héroïnes cabossées, les écoles de magie et les mondes travaillés où l'esclavage et les rapports de peuples pèsent sur le destin des personnages. Si les récits d'apprentissage vous parlent mais que vous cherchez une plume moins balisée que les grands succès du genre, Niri devrait vous accrocher.
C'est une écoute idéale pour accompagner de longues plages de temps, un voyage, une série de trajets ou des soirées où l'on aime se laisser embarquer sur la durée. Un conseil d'amie tout de même : la suite n'étant pas encore traduite, mieux vaut se lancer en acceptant de rester un moment sur sa faim, tant l'histoire donne envie de connaître le sort réservé à sa charbonnière demi-aeldae.