Notre avis sur La Sœur du Soleil en livre audio
J'avoue avoir abordé Électra avec une pointe de méfiance. Après cinq sœurs attachantes, voilà qu'on nous confie la plus agaçante de la fratrie d'Aplièse : le top model adulé, riche et célèbre, celle qui a tout et qui semble tout gâcher. Et puis, chapitre après chapitre, Lucinda Riley fait exactement ce que j'espérais : elle fissure le vernis. Derrière la diva se cache une jeune femme perdue depuis la mort de son père adoptif, engloutie par la drogue et l'alcool. Ce sixième volume des Sept Sœurs affiche une note de 4,7/5 sur 12 731 avis, et franchement, cette moyenne colle à ce que j'ai ressenti : c'est le tome qui m'a le plus surprise.
Les auditeurs de la saga sont unanimes sur un point qui revient dans les retours : cette série est vraiment bien construite, une belle fresque familiale qu'on a envie de suivre jusqu'au bout. Je partage ce sentiment, avec une nuance de mon cru : Électra est aussi le portrait le plus casse-gueule à réussir, parce qu'il faut aimer une héroïne d'abord détestable. Riley y parvient sans mièvrerie, et c'est là que le livre gagne ses galons.
Pourquoi écouter La Sœur du Soleil en livre audio ?
Melissa Berard porte ce roman avec une justesse qui m'a désarmée dans les passages de descente : quand Électra tremble, quand elle ment à son entourage, quand elle craque, sa voix trouve cette fêlure qu'un texte imprimé garde parfois pour lui. Le format audio a un vrai avantage ici, parce que l'addiction se raconte beaucoup de l'intérieur, dans le monologue d'une femme qui se ment à elle-même, et l'entendre à voix haute rend ce vertige plus tangible.
Avec vingt-deux heures et dix-sept minutes au compteur, on ne se lance pas dans La Sœur du Soleil pour un après-midi. Mais cette durée épouse le format même de la saga : le temps d'installer Atlantis, la famille, puis le fil du passé qui remonte doucement. Berard tient la distance sans jamais s'essouffler, et c'est précisément ce genre de récit-fleuve que le casque transforme en compagnon de plusieurs semaines.
Ce que vous allez découvrir
Tout commence, comme dans chaque tome, par le retour à Atlantis, le château des bords du lac de Genève où Pa Salt, ce milliardaire énigmatique, a élevé six filles adoptées aux quatre coins du monde. À sa mort, chacune reçoit un indice sur ses origines. Ici, c'est Électra qui prend le relais : mannequin le plus en vue de la planète, mais femme en chute libre, jusqu'au jour où une lettre inattendue vient bousculer sa fuite en avant.
Je ne vous dévoilerai pas d'où vient Électra ni ce que cette missive déclenche, mais sachez que Riley tisse comme toujours deux époques, le présent d'une héroïne qui se cherche et un passé qui éclaire sa lignée. Filiation, quête d'identité, addiction et reconstruction sont les vrais fils rouges. C'est un roman sur ce qu'on hérite sans le savoir, et sur la façon dont on décide, ou non, de s'en libérer.
À qui s'adresse ce livre audio ?
Si vous aimez les sagas familiales à tiroirs, les secrets qui se transmettent et les héroïnes cabossées, vous êtes exactement au bon endroit. Un conseil d'amie toutefois : comme il s'agit du sixième volet des Sept Sœurs, commencez par le premier tome, celui de Maia, pour goûter pleinement l'architecture d'ensemble et les liens entre les sœurs. Arriver directement chez Électra, c'est comme rejoindre un dîner de famille au dessert.
Je réserverais ces vingt-deux heures aux longues plages tranquilles : un hiver au coin du feu, un trajet de vacances, ces soirées où l'on a envie qu'on nous raconte une vie entière. C'est une écoute doudou, généreuse et romanesque, idéale quand on veut s'attacher longtemps à des personnages plutôt que courir après un rebondissement. Électra, contre toute attente, est devenue ma préférée pour cette raison.