Notre avis sur La mort leur va si bien en livre audio
Il faut une certaine audace pour confier un livre sur les criminels les plus dérangeants à un croque-mort, et c'est précisément ce décalage qui m'a happée dès les premières minutes de La mort leur va si bien. Guillaume Bailly ne joue pas les amateurs fascinés par le sang: il connaît la mort de l'intérieur, la vraie, celle qu'on prépare et qu'on habille, et cela donne à son propos une saveur que je n'avais entendue nulle part ailleurs.
Avec 4,6 sur 5 pour 3 avis, ce petit ouvrage rassemble un cercle d'auditeurs conquis par cette manière de croquer Ed Gein ou l'empoisonneuse Marie Besnard sans jamais tomber dans l'admiration morbide. Bailly décortique les détails sordides, oui, mais il garde toujours cette distance ironique du professionnel qui en a vu d'autres, et c'est ce parti pris assumé qui fait mouche à mon oreille.
Pourquoi écouter La mort leur va si bien en livre audio ?
Le format audio épouse à merveille ce genre de récit de comptoir macabre. Jean-Christophe Lebert pose une voix posée, presque confidentielle, qui donne l'impression d'écouter un croque-mort vous raconter ses histoires les plus étranges au coin d'un bar. On sent qu'il ne surjoue jamais l'horreur, il laisse les faits parler, et cette retenue rend les passages sur Karen Greenlee, cette jeune femme obsédée par les défunts, encore plus troublants.
Avec ses cinq heures tout juste, ce livre audio a la longueur idéale d'un trajet un peu long ou de deux ou trois soirées. La brièveté sert le propos: on ne s'appesantit pas, chaque affaire est traitée comme une vignette nerveuse, et Lebert enchaîne les portraits avec un rythme qui ne laisse pas retomber la curiosité un brin malsaine que ce genre de sujet éveille en nous.
Ce que vous allez découvrir
Derrière son titre presque élégant, La mort leur va si bien est une galerie de figures qui ont toutes flirté avec le crime d'une façon ou d'une autre. Vous croiserez Ed Gein, l'homme du Wisconsin dont les agissements ont inspiré tant de fictions d'épouvante, Marie Besnard surnommée l'empoisonneuse, et Karen Greenlee dont le rapport aux morts défie l'entendement. Bailly les aborde en connaisseur du dernier voyage.
Ce qui m'a plu, c'est que l'auteur refuse la posture du chroniqueur voyeur. Il s'attache à la mécanique des faits, au sordide certes, mais sans jamais transformer ces criminels en icônes. Son humour de fossoyeur agit comme un contrepoids: il désacralise l'horreur, la ramène à hauteur d'homme, et vous fait réfléchir autant qu'il vous fait frissonner. Ne comptez pas ici sur du sensationnalisme facile.
À qui s'adresse ce livre audio ?
Je le recommande sans hésiter aux amateurs de faits divers et de true crime qui cherchent autre chose que le documentaire glaçant habituel. Si vous aimez qu'on vous raconte le crime avec un brin de cynisme et beaucoup de recul, ce point de vue de croque-mort va vous cueillir. Les âmes très sensibles, en revanche, garderont peut-être leurs distances avec certains détails.
C'est le compagnon parfait d'une soirée d'automne un peu grise, ou d'un trajet nocturne où l'on aime se faire un peu peur. Sa durée modeste en fait aussi une belle porte d'entrée dans l'univers du true crime pour qui n'ose pas se lancer dans des pavés. Écoutez-le seul, lumière tamisée, et laissez la voix de Lebert faire son office.