Notre avis sur L’instinct de mort en livre audio
Écouter L’instinct de mort, c’est entendre Jacques Mesrine se raconter lui-même, depuis sa cellule, avant même d’être jugé. Ce n’est pas un biographe qui parle de l’Ennemi public numéro 1, c’est l’homme qui assume, revendique et met en scène sa propre carrière de cambriolages, de braquages et d’évasions. Le vertige tient tout entier dans cette première personne.
Avec 4,7/5 sur 714 avis, cette autobiographie sulfureuse fascine autant qu’elle dérange. Mon parti pris, en toute honnêteté: il faut écouter ce texte en gardant l’esprit critique, car Mesrine se construit une légende autant qu’il livre des faits. Mais comme document brut sur un criminel qui a marqué les années 1970, c’est saisissant et impossible à lâcher.
Pourquoi écouter L’instinct de mort en livre audio ?
Cédric Dumond a la lourde tâche de porter cette voix ambiguë, et il le fait sans complaisance ni jugement appuyé. Il laisse le récit de Mesrine avancer avec son mélange de bravade et de noirceur, ce qui rend l’audio particulièrement troublant: on est presque dans la confidence, à la place de celui à qui l’ennemi public raconte sa vie.
Treize heures et quinze minutes permettent de dérouler toute la trajectoire, des premiers coups à l’incarcération dans les quartiers de haute sécurité de la Santé et de Fleury-Mérogis. Cette durée donne au récit son ampleur romanesque, et l’écoute rend d’autant plus concrètes les scènes de cavale et d’évasion que Mesrine relate comme des exploits qu’il aurait chorégraphiés.
Ce que vous allez découvrir
Le livre retrace l’ascension d’un homme qui enchaîne cambriolages, braquages, enlèvements et évasions jusqu’à devenir l’Ennemi public numéro 1. Arrêté en 1973, emprisonné dans les QHS, il rédige cette autobiographie où il assume l’ensemble de son parcours. Puis vient l’évasion spectaculaire du 8 mai 1978, en compagnie de François Besse.
Sans rien révéler de la suite de cette cavale ponctuée de hold-up, sachez que Mesrine y mêle le récit de ses actes et une volonté affichée de dénoncer les conditions de détention en quartier de haute sécurité. C’est un témoignage de première main, à la fois glaçant et fascinant, sur une figure criminelle devenue mythe de son vivant.
À qui s’adresse ce livre audio ?
Je le conseille aux passionnés d’histoire criminelle française et de true crime, à ceux que fascinent les grandes figures du banditisme et les mécaniques de la légende. Si vous vous intéressez aux années 1970, aux affaires qui ont tenu la France en haleine, ce document vous happera.
À réserver toutefois à un public averti, capable de prendre du recul face à un homme qui se raconte à sa propre gloire. C’est une écoute intense, plutôt pour des moments où l’on peut lui accorder toute son attention. Mieux vaut y entrer en sachant qu’on écoute la version de Mesrine, pas la vérité judiciaire, et c’est justement ce qui la rend si troublante.