Notre avis sur L’appel du néant en livre audio
Retrouver Ludivine Vancker, c’est accepter à l’avance de mal dormir. Maxime Chattam le promet dès la quatrième de couverture, ce thriller va détruire vos nuits et hanter vos jours, et venant de lui, ce n’est pas de la coquetterie marketing. Avec L’appel du néant, il signe le troisième volet de sa saga, et il tape encore plus fort dans l’obscurité.
Une note de 4,4/5 sur 2703 avis, c’est le genre de score qui ne s’obtient pas par hasard dans le polar français. Chattam a ses fidèles, et cet opus rassemble tout ce qu’ils attendent: une traque étouffante, une plongée dans la médecine légale, et cette manière très particulière qu’a l’auteur de vous forcer à regarder le Mal droit dans les yeux, sans détourner la tête.
Pourquoi écouter L’appel du néant en livre audio ?
Sur les quinze heures et vingt-huit minutes que dure cette version, Sylvain Agaësse tient un pari difficile: maintenir la tension d’un thriller-fleuve sans jamais lâcher le fil. Sa voix sait descendre dans le glaçant des scènes de crime puis remonter dans l’urgence de l’enquête. C’est un narrateur qui a compris que le silence, parfois, terrifie plus que le cri.
L’audio a ceci de redoutable pour Chattam: impossible de survoler en diagonale les passages qui dérangent, comme on le ferait à la lecture. La voix vous oblige à tout encaisser, seconde après seconde. Sur un récit qui frôle le terrorisme et les services secrets, cette immersion sonore ajoute une couche d’oppression que le papier n’atteint jamais tout à fait.
Ce que vous allez découvrir
Ce troisième épisode des enquêtes de la Section de recherches de Paris nous entraîne à la racine du Mal moderne. Après La conjuration primitive et La patience du diable, Chattam épaissit son univers: un tueur en série, une traque infernale, et des ramifications qui débordent du fait divers vers le terrorisme et les zones grises des services secrets.
La grande question qui hante le roman, celle de savoir si la victoire du Mal est inéluctable, n’est pas une formule creuse: elle irrigue chaque chapitre. Je ne dévoilerai rien de la mécanique, mais sachez que Chattam adore brouiller les frontières entre bourreaux et victimes. Comme il s’agit du tome 3, je vous conseille vivement de commencer par La conjuration primitive pour saisir toute l’épaisseur de Ludivine.
À qui s’adresse ce livre audio ?
C’est un livre audio pour les amateurs de thrillers noirs qui n’ont pas peur de se salir les mains. Si vous aimez les enquêtes documentées et les intrigues qui flirtent avec l’insoutenable, vous êtes au bon endroit. Les âmes sensibles, en revanche, feraient sans doute mieux de passer leur chemin, car Chattam ne prend aucune pincette.
Réservez-le pour des sessions d’écoute longues, un trajet, un week-end pluvieux, quand vous pouvez vous immerger sans être interrompu toutes les dix minutes. Et un conseil d’amie: évitez le dernier chapitre juste avant de fermer les yeux. Chattam ne fait pas de cadeau, et cette noirceur étalée sur quinze heures vous suit jusque sous les draps.