Notre avis sur En avant route ! en livre audio
Oubliez le récit de Compostelle solennel, avec ses couchers de soleil et ses révélations au sommet d'une colline. Alix de Saint-André prend la route en fumeuse invétérée, en marcheuse qui s'avoue peu douée, et c'est précisément ce décalage qui m'a conquise dès les premières minutes. Elle s'était imaginé de la méditation solitaire dans des refuges paisibles, elle a trouvé des dortoirs bondés, et elle le raconte avec une autodérision qui désamorce tout le pathos qu'on attend d'ordinaire de ce genre de témoignage.
Les auditeurs le confirment, avec une note de 4,2 sur 5 sur 324 avis, et leurs retours collent exactement à mon ressenti : on y parle d'anecdotes désopilantes, de rencontres fascinantes, d'un humour qui fait mouche. Plusieurs recommandent ce livre comme une lecture précieuse avant de boucler son propre sac, non pas pour la logistique, mais pour l'état d'esprit. C'est un témoignage qui donne envie de marcher sans jamais faire la leçon, et cette légèreté-là, croyez-moi, est plus rare qu'on ne le pense.
Pourquoi écouter En avant route ! en livre audio ?
Il y a quelque chose d'évident à écouter un récit de marche en marchant soi-même. Les 7 heures et 25 minutes d'En avant route ! épousent le rythme du pas, et la voix qui porte ce texte transforme une balade urbaine ou une longue route en une compagnie bavarde et complice. Alix de Saint-André a arpenté trois fois le chemin, depuis Saint-Jean-Pied-de-Port, puis de La Corogne jusqu'à Finisterre, et enfin depuis les bords de Loire, et l'audio restitue à merveille cette accumulation d'expériences.
Sa langue est faite pour l'oreille : des phrases qui digressent, des portraits croqués en trois traits, des observations lancées comme à une amie sur le bord du chemin. Sur une durée qui reste très raisonnable, on peut avaler le récit en deux ou trois sorties, ou l'étirer soir après soir. J'ai trouvé que cette oralité servait particulièrement bien les passages de banlieues pittoresques, ces bouts de trajet qu'on imagine mornes et qu'elle rend savoureux, parce qu'entendus, ils prennent la couleur d'une conversation.
Ce que vous allez découvrir
Le livre suit trois pèlerinages distincts, et c'est là sa vraie richesse. Le premier, sur le chemin français, part de Saint-Jean-Pied-de-Port et voit s'envoler les belles idées de recueillement dès qu'il faut partager un refuge surpeuplé. Le deuxième, le chemin anglais, relie La Corogne à Finisterre. Le troisième obéit à ce que les Espagnols appellent le vrai chemin, celui qu'on entame depuis sa propre porte, ici les bords de Loire.
Au fil des étapes, ce sont surtout les rencontres qui font le sel du récit : ce peuple de marcheurs venus de partout, avec leurs raisons intimes, leurs manies et leurs blessures. Alix de Saint-André observe la foi, la sienne comme celle des autres, sans jamais tomber dans le prêche. Je ne vous dirai pas ce qu'elle trouve au bout de la route, mais sachez que la destination compte finalement moins que la manière dont elle apprend, chemin faisant, à lâcher ses certitudes de départ.
À qui s'adresse ce livre audio ?
Si vous nourrissez, même vaguement, l'idée de partir un jour sur les chemins de Compostelle, ce témoignage est un compagnon idéal : il vous préparera moins aux ampoules qu'à l'état d'esprit, et vous fera rire des mésaventures avant même de les vivre. Mais je le recommande tout autant à qui n'a aucune intention de chausser les godillots et cherche simplement un récit de voyage vif, drôle et intelligent.
C'est une écoute parfaite pour accompagner vos propres trajets, à pied lors d'une longue randonnée, ou au volant sur un ruban d'autoroute sans fin. Si les récits spirituels grandiloquents vous rebutent, respirez : Alix de Saint-André pratique l'autodérision comme une hygiène, et sa foi discrète n'exige aucune adhésion. Offrez-vous ces quelques heures comme on s'offre la conversation d'une amie qui aurait beaucoup marché et beaucoup ri de ses propres faiblesses.