Notre avis sur Défendre l’indéfendable en livre audio
Quand la presse a collé à Béatrice Zavarro l’étiquette d’«avocate du diable», elle savait déjà qu’elle passerait le reste de sa carrière à la porter. Ce livre audio est sa réponse, calme et argumentée, à ceux qui confondent défendre un homme et cautionner ses actes. La note de 4,2 sur 5 pour 25 avis dit bien le respect que ce témoignage inspire, même quand le sujet dérange. Un auditeur résume l’essentiel à sa façon : cette avocate a fait son métier, car tout le monde est défendable, étymologiquement parlant, même si les actes de son client restent hors norme et proprement indéfendables. D’autres se contentent d’un «bon livre» sobre, comme si le trop-plein d’émotion coupait les longues phrases.
Ce qui m’a tenue, c’est la position impossible que Zavarro assume page après page : être la voix de Dominique Pélicot dans le procès de Mazan, l’un des plus commentés de ces dernières années, sans jamais se cacher derrière le confort du silence. Elle raconte le premier face-à-face avec son client, les confrontations tendues avec les avocats des coaccusés, la mécanique des plaidoiries. Je ne partageais pas toutes ses convictions en refermant l’écoute, et c’est précisément ce qui m’a plu : elle ne cherche pas à me convaincre qu’elle a raison, elle m’oblige à comprendre pourquoi la défense existe.
Pourquoi écouter Défendre l’indéfendable en livre audio ?
En 5 heures et 40 minutes, ce témoignage tient dans un trajet, et c’est une durée qui lui va bien : assez pour dérouler toute la chronologie du dossier, assez brève pour ne jamais diluer le propos. À l’écoute, le texte prend une dimension qu’il n’aurait pas sur le papier. Entendre une avocate expliquer ses choix à voix haute, presque comme une plaidoirie adressée à l’auditeur, transforme le récit en confidence.
J’ai trouvé que le format audio installait une intimité particulière avec ce «récit de l’intérieur». Là où un article de presse résume et tranche, la lecture continue laisse le temps aux nuances, aux hésitations, au poids des mots choisis. On avance au rythme de la procédure, du premier contact au verdict et à l’après-Mazan, sans pouvoir sauter les passages inconfortables. Et c’est bien le but : ce livre se vit dans la durée, pas en diagonale.
Ce que vous allez découvrir
Béatrice Zavarro déroule le fil complet : comment elle a accepté le dossier, ce que fut le premier contact avec Dominique Pélicot, les moments clefs de l’instruction, les affrontements d’audience avec les défenseurs des coaccusés. Elle expose ses motivations sans fard, cette conviction chevillée qu’un accusé, même face à l’horreur, a droit à un avocat qui ne le lâche pas.
Au-delà de l’affaire, c’est une réflexion sur le métier même de la défense qui se dessine, sur la solitude de celle qui prend un dossier que personne ne veut, sur l’onde de choc d’un procès historique qui a bousculé la société. Je ne vous dévoile rien du déroulé de l’audience ni de la teneur exacte des débats : l’intérêt tient justement à suivre, pas à pas, la logique d’une femme qui a choisi de rester debout là où d’autres auraient fui.
À qui s’adresse ce livre audio ?
Ce livre audio est fait pour celles et ceux que la justice fascine autant qu’elle interroge, pour les auditeurs qui ont suivi le procès de Mazan dans les médias et veulent l’entendre raconté depuis un banc qu’on ne leur montre jamais : celui de la défense. Si vous aimez les récits qui bousculent vos certitudes plutôt que les conforter, vous êtes au bon endroit.
Je le conseillerais pour une écoute posée, pas en fond sonore distrait : le sujet demande de l’attention et un peu de courage. Un long trajet solitaire, une soirée où l’on a l’esprit disponible, voilà le bon cadre. À réserver à un public adulte et averti, car l’affaire évoquée est d’une gravité extrême. Mais si vous acceptez d’être dérangé, Zavarro vous offre une leçon de droit et d’humanité qu’on n’oublie pas.