Notre avis sur Ce que je ne veux pas savoir en livre audio
Deborah Levy fuit à Majorque pour écrire. Ce qu’elle écrit, c’est le récit fragmenté de sa propre vie : l’Afrique du Sud de l’apartheid, son père militant de l’ANC emprisonné, les oiseaux en cage de son enfance, l’exil en Angleterre. Premier volet de son autobiographie vivante, ce texte court et dense se lit comme un poème en prose où chaque phrase est ciselée à l’os.
Avec 3.8 de moyenne sur 183 avis, les réactions sont contrastées. Ceux qui aiment parlent d’« immense plaisir de lecture » et des « racines de la mélancolie ». Ceux qui résistent regrettent un style trop elliptique. C’est la marque d’une écriture qui ne cherche pas à plaire à tout le monde : Levy écrit comme Duras ou Woolf, ses maîtresses revendiquées.
Pourquoi écouter Ce que je ne veux pas savoir en livre audio ?
Florence Viala, sociétaire de la Comédie-Française, donne à ces 3 heures 26 une musicalité qui transcende le texte. L’écriture de Levy est faite pour être entendue : ses rythmes, ses silences, ses ruptures prennent tout leur sens quand une voix de cette qualité les porte. C’est une expérience littéraire autant qu’auditive.
Les autobiographies fragmentaires comme celle-ci trouvent dans le format audio leur forme la plus naturelle. On se laisse porter par le flux de conscience, sans la tentation de revenir en arrière ou de chercher une structure linéaire. Les 3h26 se savourent d’une seule traite, comme une longue confidence.
Ce que vous allez découvrir
L’enfance d’une fille d’opposant politique dans l’Afrique du Sud de l’apartheid. La prison du père, le déracinement, l’arrivée en Angleterre et la reconstruction d’une identité entre deux mondes. Levy tisse ces souvenirs avec une réflexion sur l’écriture elle-même, sur ce qui pousse une femme à devenir écrivaine.
On croise Marguerite Duras et Virginia Woolf, guides spirituelles de Levy dans son parcours littéraire. C’est aussi une méditation sur la mémoire, sur ce que nous choisissons de retenir et ce que nous refusons de savoir. Un texte intime qui résonne bien au-delà de l’expérience individuelle de son autrice.
À qui s’adresse ce livre audio ?
Aux amateurs de littérature autobiographique exigeante, dans la lignée de Duras, Ernaux ou Woolf. Aux lecteurs sensibles aux écritures fragmentaires et poétiques. Et à ceux que l’histoire de l’Afrique du Sud et de l’exil intéresse, vue à travers le regard d’une enfant devenue écrivaine.
Les 3h26 sont un format idéal pour un texte de cette densité. Premier tome de la série « Living Autobiography », il ouvre la porte d’un univers littéraire singulier qui mérite d’être découvert.