Fin octobre, il y a ce dimanche où l'on recule les montres d'une heure et où, d'un coup, la nuit tombe avant que j'aie fini de ranger la cuisine. C'est le moment où mes écoutes changent : je laisse de côté les titres courts glissés entre deux trajets et je reviens aux histoires qui m'accompagnent plusieurs soirs de suite, une tasse de thé qui refroidit à côté de moi.
Sur la pile de nouveautés d'octobre que j'avais notées, j'en garde douze. Le mois penche vers le polar : sept titres de cette sélection viennent du rayon policier et thriller, c'est la saison qui veut ça. Mais j'ai aussi trouvé de la romance sous trois formes, des dragons, un empire de science-fiction en guerre et un roman sur le pouvoir qui m'a intriguée dès son résumé.
Pour chaque titre, je donne la voix, la durée, la date de sortie et la note Amazon. Je les ai rangés par ambiance plutôt que par genre, parce que c'est ainsi que je choisis mes propres écoutes : l'envie du soir d'abord, le rayon ensuite.
La nuit qui tombe avant le dîner et les enquêteurs qu'on retrouve d'un tome à l'autre
Je commence par La Pleureuse de Camilla Läckberg, lu par Odile Cohen et sorti le 7 octobre. C'est le douzième tome de la série Fjällbacka, et tout part d'une disparition vieille de trente ans : Sofie Rudberg, qui venait d'entrer au lycée, populaire, adulée, et peut-être détestée, s'est volatilisée sans laisser de trace. Une découverte macabre ramène l'affaire au présent, dans cette petite ville de la côte ouest. Il faut prévoir 16 heures et 30 minutes d'écoute, et la note atteint 4,7/5 sur 224 évaluations. Mon bémol : arriver au douzième tome sans connaître les précédents, c'est accepter de croiser des personnages dont on ignore le passé. Je l'ai tout de même mis en haut de ma liste pour les soirs où il fait nuit à dix-huit heures. voir sur Amazon
Je continue avec À la fin de l'hiver de Viveca Sten, lu par Noémie Bianco et sorti le 1er octobre, dans la série Meurtres à Are. Une femme alerte l'inspectrice Hanna Ahlander : la mort de son père, un homme certes fragile, lui semble suspecte. Bientôt, un décès similaire est signalé. Un inconnu s'attaquerait-il aux personnes âgées de la région ? Le froid n'est pas seulement dans la météo capricieuse de mars : il règne aussi entre Hanna et son coéquipier. Ce thriller psychologique dure 10 heures et 49 minutes et obtient 4,4/5 sur 149 évaluations. voir sur Amazon
Pas un souffle de D. K. Hood, lu par Claire Cahen et sorti le 8 octobre, est le septième tome des enquêtes de Jenna Alton et David Kane. Tout commence par une scène qui m'a fait frissonner : une femme monte l'escalier en trébuchant pendant une fête, entre dans une chambre sombre et vide et entend la porte se refermer derrière elle. Elle n'est pas seule. Vient ensuite la découverte du corps de Chrissie Lowe, une étudiante. C'est celui des trois qui a reçu le plus d'avis : 4,5/5 sur 878 évaluations, pour 9 heures et 37 minutes d'écoute. Là encore, il faudra accepter d'entrer dans une série bien installée. voir sur Amazon
Derrière les volets fermés, la peur qui s'installe à la maison
Avec Chère Debbie, Freida McFadden signe un thriller psychologique sorti le 7 octobre et lu par Laurent Blanpain. Debbie Mullen tient la rubrique de conseils « Chère Debbie » du journal local, où elle a aidé des centaines de femmes maltraitées ou humiliées par leur mari. Puis sa propre vie vole en éclats : elle perd son emploi, ses filles adolescentes se comportent bizarrement, ses voisins deviennent insupportables, et elle soupçonne son mari de lui cacher quelque chose. Le décor est banal, une maison, une famille, une rue, et c'est justement ce qui me met mal à l'aise. Comptez 7 heures et 45 minutes pour une note de 4,5/5 sur 644 évaluations. Je suis curieuse d'entendre ce que Laurent Blanpain fait de cette mère à bout. voir sur Amazon
Eva des forêts de Julien Sandrel, lu par Elsa Duchez-Paverani et sorti le 7 octobre, affiche la meilleure note de ma sélection : 4,8/5 sur 167 évaluations. Eva a dix-huit ans et souffre d'un déficit immunitaire sévère. Elle a toujours vécu avec son père dans une maison isolée au cœur des forêts de San Petrone, en Corse, tenue à l'écart d'un monde extérieur où le moindre contact pourrait lui être fatal. Sa présentation décrit une vie heureuse, rythmée par la lumière des montagnes, et c'est ce calme qui m'inquiète : la phrase d'accroche prévient que certaines portes sont impossibles à refermer. Il dure 8 heures et 39 minutes. voir sur Amazon
Et puis il y a Cujo de Stephen King, lu par Thomas Marceul et sorti le 21 octobre, juste à temps pour Halloween. Cujo est un saint-bernard de cent kilos, le meilleur ami de Brett Camber, un garçon de dix ans. Un jour, le chien poursuit un lapin jusque dans une petite grotte souterraine habitée par des chauves-souris, et la présentation se garde bien d'en dire plus. Le livre y est décrit comme « le roman le plus terrifiant que Stephen King ait jamais écrit » : c'est de l'horreur assumée, sur 13 heures et 25 minutes, avec une note de 4,4/5 sur 523 évaluations. Je le garde pour la nuit du 31, lumières éteintes, ce qui est sans doute une mauvaise idée. voir sur Amazon
Un plaid, une bougie et des histoires d'amour qui sortent les griffes
Le titre le plus évalué de ma sélection est une romance : Soldats d’élite, Tome 4 : Blue d'Audrey Martinez, lu par Emmanuel Dufour et sorti le 21 octobre, avec 4,7/5 sur 1 282 évaluations. April a connu un début de carrière difficile, sanctionnée pour avoir osé parler. Elle a depuis reconstruit sa vie à Coronado, entourée de personnes qui respectent son travail. Puis il y a Blue, un SEAL. L'histoire pose une question, peut-on vraiment guérir de son passé, et je trouve que c'est la bonne pour une romance en uniforme militaire. L'écoute dure 9 heures et 9 minutes. Seule réserve : c'est le quatrième tome de la série Soldats d'Elite, et si vous la découvrez, je commencerais plutôt par le premier. voir sur Amazon
À l'autre bout du spectre, Le risque de S.T. ABBY, lu par Mélody Desnues et sorti le 14 octobre, ouvre une série de dark romance. Le résumé ne prend pas de gants : dix ans plus tôt, des hommes ont tout pris à Lana, et aujourd'hui elle raye leurs noms un à un de sa liste, en les traquant, en les torturant, en les tuant. Elle n'avait plus rien à perdre, jusqu'à ce que Logan croise son chemin, un agent du FBI à la moralité infaillible. Avec 3 heures et 22 minutes, c'est de loin le titre le plus court de ma sélection, une soirée suffit. Sa note : 4,6/5 sur 130 évaluations. Vengeance et violence sont au cœur du récit : mieux vaut le savoir avant d'appuyer sur lecture. voir sur Amazon
Côté dragons, Threshing Day de Rebecca Yarros, sorti le 14 octobre, est une romantasy portée par une distribution de plusieurs voix, pour 6 heures et 13 minutes d'écoute. Le texte de présentation s'ouvre sur une citation tirée d'un guide de dragonologie : le battage y est décrit comme une leçon d'humilité, du moins pour ceux qui y survivent. Suit un dialogue tendu où il est question d'un père qui a tenté de faire sécession de la Navarre. C'est un fragment plus qu'un résumé, et c'est mon bémol pour ce titre : sur cette seule base, je ne saurais pas dire s'il s'écoute sans connaître l'univers. Il obtient 4,7/5 sur 226 évaluations, et le format à plusieurs voix me donne envie de l'essayer un dimanche après-midi. voir sur Amazon
Partir très loin sans quitter le canapé : Tokyo, Marbella et un empire en guerre
Tokyorama de Jean-Christophe Grangé, lu par Thierry Blanc et sorti le 1er octobre, est le titre le plus long de ma sélection avec 16 heures et 45 minutes. Le texte prévient d'emblée : « Oubliez tout ce que vous croyez savoir sur Tokyo ». La ville y est décrite comme la capitale de la mémoire et de la modernité, mais aussi comme la cité du vice et de la perversion. C'est là que Stéphane Madryka, détective privé spécialisé dans l'adultère, décide d'enquêter. La note est de 4,3/5 sur 220 évaluations, un peu en retrait des autres polars de la sélection. Entre cette note et la durée, je le réserve aux soirs où j'ai envie de me perdre dans une grande ville la nuit. voir sur Amazon
Changement de décor avec Le fondateur de Giuliano da Empoli, lu par Pierre-François Garel et sorti le 7 octobre. G., conseiller politique déchu, est enrôlé à sa grande surprise par Alexander Zimmer, fondateur d'une société de surveillance tentaculaire que le résumé place derrière chaque pandémie, chaque guerre, chaque crise mondiale. Il quitte Rome pour Marbella, ville clinquante où la société Panoptik est implantée. C'est le seul roman de littérature générale de cette sélection, plutôt court avec ses 6 heures et 43 minutes, et c'est aussi celui qui a la note la plus basse : 4,0/5 sur 176 évaluations. Ce chiffre invite à la prudence, mais le sujet m'intrigue trop pour que je passe à côté. voir sur Amazon
Enfin, plus loin encore : Outsphere 5: Démence de Guy-Roger Duvert, lu par Alexandre Donders et sorti le 26 octobre. Il a fallu plus d'un millénaire à M1500 pour bâtir un empire, protéger une espèce et traquer une menace dont personne d'autre ne soupçonnait l'existence. Il pensait avoir le temps, il avait tort : la menace ashkanienne vient de se réveiller, la capitale tremble encore d'une offensive psychique sans précédent, et des armées martèlent déjà les frontières au nord. C'est de la science-fiction à grande échelle, 16 heures et 35 minutes, notée 4,6/5 sur 485 évaluations. Attention toutefois : cinquième tome de la série Outsphere, il suppose d'avoir écouté les quatre premiers, et je ne le conseillerais pas comme point de départ. voir sur Amazon
Le mot de la fin
Si je ne devais en garder qu'un par humeur, je prendrais La Pleureuse pour les longues soirées, Eva des forêts pour ce calme qui m'inquiète et Le risque quand je n'ai qu'une soirée devant moi. D'autres sorties du mois sont restées hors de cette sélection, faute de place plus que d'envie : je pense à « Dracula » de Bram Stoker, à « Chacun » de Jean-Paul Dubois ou à « Meurtres et caramels de Noël » de Joanne Fluke, dont le titre annonce déjà décembre. Les fiches détaillées de ces douze titres arrivent sur le site au fil des semaines.
Sélection arrêtée le 29 octobre 2026.

